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 Deus Ex Machina

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Max
Perruche mort-vivante


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MessageSujet: Deus Ex Machina   Sam 17 Jan 2009 - 19:16

Pas mécontent de l'avoir (non sans mal) terminé celui-là ! Il m'aura fait suer, j'en peux plus de le relire et de le travailler, il faut que je le poste. A noter la présence des alexandrins (sauf dans les parties en italique), la symétrie par rapport au nombre de vers et un petit effort au niveau des sonorités dans les parties en italique.
Bonne lecture (désolé pour la longueur et les éventuelles fautes).


Deus Ex Machina


Ressentez la grandiose épopée qui s’annonce
En cet auguste endroit, père de tous les lieux ;
C’est une vénérable histoire qui s’énonce,
Fable éternelle, mère de tous les aïeux…
Perpétuel recommencement, et théâtre
De la vie au dénouement loin d’être flatteur.
Ses mots chaleureux – comme les flammes dans l’âtre –
Sont pourtant bien brûlants, au grand dam de l’acteur…

Voyez : la silhouette solitaire s’avance,
Prenant le chemin des falaises escarpées ;
Le jeune homme semble possédé et en transe,
Mais ses pas sont hardis, fermes et décidés.
Animé par l’élan de sa mélancolie,
Il arrive, frémissant, aux lèvres du gouffre…
Dans ses yeux pourtant, nulle trace de folie,
Mais son visage est strié de rides ; il souffre.
Et le long de ces sillons de chair torturées,
Dégouline le sang de son âme meurtrie,
Salée par le chagrin, les embruns des marées,
Ainsi que de trop nombreuses larmes flétries.
Las, légèrement fiévreux, les traits déformés,
Il provoque la bouche béante des flots ;
Mais le bougre n’a point l’envie de basculer,
S’il est ici, ce n’est pas pour s’offrir à l’eau.
Avant, la mer était plutôt sereine et claire,
Maintenant, elle gronde et change d’apparence :
Voyez le remous qui s’agite et vocifère,
Afin de blâmer l’inopportune présence.
L’homme ressasse les questions, les sentiments,
Et toutes les choses sources de son malaise.
Pendant ce temps, le lourd ressac de l’océan
S’attaque de plus en plus fort à la falaise.
Qu’importe, il reste debout, bras écartés,
La poitrine soulevée, criant sa colère.
La rancœur accumulée depuis des années,
Par des sons vengeurs, pourfend et habite l’air !
Oui, il hurle, à s’en déchirer les entrailles :
C’est un loup sous la lune, qui gueule sa faim ;
C’est un fol animal, que l’errance tiraille ;
C’est un homme égaré dans le règne des fins…
Mais quelle est cette peine ? Quels sont les tourments
Qui rendent ce pauvre malheureux si amer ?
Pourquoi en est-il réduit à jouer le dément,
En sacrifiant sa quiétude, face à la mer ?
Fourbu, le voilà qui suspend ses hurlements ;
Puis, il clame ces paroles, troublant les airs ;
C’est par cet anathème, ces mots virulents,
Qu’il espère percer les infinis mystères :

« Faut-il vraiment que nous soyons affligés d’un châtiment éternel ?
N’avons-nous pas suffisamment expié nos fautes, notre péché originel ?
Quel sens à l’Être ? Qu’as-tu donc fait de l’homme, oh ! Nature ?
Toi qui laisses naître et foisonner cette extravagante créature…
Nos existences sont médiocres, nos horizons flous et nos vies futiles ;
Dans l’insignifiance nous nous complaisons, mais par-dessus tout, nous sommes vils !
Pourquoi accabler de vices, malmener à ce point tes pauvres enfants ?
Veux-tu qu’ils soient menés par la malice ? Egarés dans leurs jugements ?
Pourquoi nous façonner ainsi, et douer l’homme de Raison ?
Alors que celle-ci n’est que folie, car subjuguée par les Passions…
Tant de contradictions, de maux et de heurts ; pour cette engeance que le néant frôle !
Tant de méditations, de mots et de Penseurs ! Pour quoi ? Quel est leur rôle ?
Interroger sans cesse l’ineffable ? Disserter à jamais sur les apogées de toutes fins ?
A quoi bon ? Puisqu’il ne s’agit que de Fables, et que nos philosophies ne valent rien…
Il n’est de repos pour moi, je souffre implacable détresse ;
Petit être sot ! Le poids de l’univers écrase mes frêles épaules ; il m’oppresse !
Pourquoi ne suis-je pas un de ces imbéciles, qui se vautrent dans leurs illusions,
S’abandonnent dans une foi servile, la quête d’allégresse ou le joug des passions ?
C’est que je place ma foi dans un idéal : celui de l’Homme, distinct de l’homoncule ;
Oui ! J’ose croire parfois en la fin de cet animal : envahissante gangrène qui pullule !
Je résiste, mais dans les yeux qui m’entourent, je ne vois que des fauves consumant la vie ;
Et pourtant, l’étincelle subsiste ! Mais ils sont sourds, l’Homme en eux est à l’agonie ! »

C’est perché sur le piton le plus élevé,
Là où sa véhémence culmine et s’étend,
Qu’il harangue – hélas – la houle déchaînée
Tout en prenant à témoin les vifs éléments…
Et alors que depuis son âme et ses tréfonds,
Jaillissent les âpres sermons de l’inconnu,
Les orages se lèvent face à ces affronts,
Las de ce fou qui ose déranger les nues…
Voyez comme les nuages sombres l’encerclent,
Comme un grand voile ténébreux et menaçant ;
Le temps est figé, et lui, au milieu du cercle,
Se dresse de plus belle et reprend, impatient.
Il voit dans l’éther : les Eminences écoutent,
C’est pourquoi il porte ses offenses aux cieux…
Et c’est ainsi, le verbe libre de tout doute,
Qu’il n’hésite pas même à commander aux dieux :

« Tout cela n’a aucun sens, par pitié éclairez-moi !
Toujours plus j’avance, mais moins la vérité s’offre à moi…
Chaque réponse fait naître encore plus de questions !
Et dans cette spirale infernale je m’engonce ; quelle est la solution ?
Dieux qui avez le pouvoir, et toi, Nature qui manifeste ta puissance,
Accordez-moi un peu de votre savoir… ô pures et célestes consciences !
Ecoutez comme dans mes cris le désespoir est grand et tenace !
Je suis humble, entendez la piteuse aumône de cet esprit qui rend grâce ;
Sinon à quoi riment toutes ces ferveurs, ces autels, ces prières et ces cultes ?
J’en suis réduit dans mon malheur, à m’abaisser au niveau de ces piètres et incultes !
Mais puisque la Raison est incapable de m’éclairer,
Peut-être que dans la déraison je trouverais les clefs !
J’affermis mes pas sur mon impuissance, en homme sensé je surmonte mon dégoût :
Je foule aux pieds Raison et sciences, et – abject calamité – m’en remets à vous !
Qui que vous soyez, détenteurs de l’Absolu, accédez à ma requête !
Car voyez, c’est ici que je suis venu, pour achever ma quête.
Cette chimère – inaccessible proie, cette quête ancestrale de sens et de réponses
Forme depuis trop longtemps autour de moi, un linceul sépulcral dans lequel je m’enfonce !
Délivrez-moi de mes chaînes, mettez fin à mes tourments !
Je rêve d’une vie sereine, libérée de tous ces questionnements…
L’Humanité, cette pièce de théâtre comique, mais trop souvent tragique, doit cesser !
C’est le dernier acte, le Deus ex Machina doit apparaître et le rideau tomber ! »


Puis il se tait enfin, abscons et à genoux :
Corps usé, verve morne et âme torturée.
Son errance et ses torts se verront-ils absous ?
Alors que son dernier mot meurt dans les marées…
Non ! Les éléments se déchaînent. Et les pluies
Cinglent son visage comme pour le punir ;
Sur le rivage, des déferlantes inouïes
Se fracassent, et viennent bruyamment mourir.
Les vents exaltés le fouettent de tous côtés,
Dans un tourbillon de gifles qui valsent, pleuvent.
Et l’homme, contre le sol recroquevillé
Sanglote puis sourit, en subissant l’épreuve…
L’orage répand sa colossale puissance :
Le tonnerre, titan du ciel, éclate et gronde ;
Les flots, titans des mers, s’agitent en tous sens ;
La paroi, titan de terre, tremble et s’inonde.
Lorsqu’il ose enfin ouvrir puis lever les yeux,
C’est pour contempler, frémissant, le feu céleste
Et l’onde noire du Styx, le fleuve des Dieux ;
Est-il mort ? Il n’esquisse pas le moindre geste.
Le damné jeune homme allait perdre tout espoir,
Mais soudain, le fracas cesse ! Une éclaircie
Fait fuir les nuages d’ombres. Et lui, hagard,
Sent cette lumière parcourir son esprit.
Impériale, elle prend possession de son être ;
Les splendeurs de l’absolu lui sont révélées ;
Dans l’ultime éclat, il voit enfin disparaître
Ses tourments. Puis il se fond dans l’éternité…
Le Tout suprême à portée d’entendement :
Son âme, écarquillée et nimbée de grâce,
S’y perd ; elle perce secrets et fondements.
Alors il sait, il sait tout ; l’infini l’embrasse…
Mais quel sot ! Inhumaine est la révélation !
Hélas, fasciné par la flamme vive et belle,
– Comme le candide et fragile papillon
Qui ne peut la toucher sans se brûler les ailes –
Il ne peut être, et en même temps savoir.
Ayant pénétré le brasier de l’indicible
– Oh! cruelle issue, épilogue des espoirs –
Son corps n’est plus qu’une coquille impassible ;
Honteuse dépouille charnelle qui bascule
Dans le vide, accomplissant l’ultime élan.
Les rochers, en contrebas, comme crépuscule
Pour cette guenille ; et pour l’esprit le néant.
Ainsi s’achève la fable du misérable ;
Celui qui s’éveille pour mourir en sursaut.
Ce pauvre hère à la volonté méprisable,
Ebloui de lumière et sombrant aussitôt.


Dernière édition par Max le Lun 23 Fév 2009 - 12:33, édité 6 fois
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Catherine Robert
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Lun 19 Jan 2009 - 22:07

C'est un très beau texte. Il reste bien l'une ou l'autre faute, mais ça ne gâche en rien l'ampleur de l'écrit.
J'ai vraiment apprécié la lecture et je n'ai pas passé mon temps à éplucher les rimes ou compter les pieds (je le ferai peut-être plus tard lol).
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 13:47

Catherine Robert a écrit:
(je le ferai peut-être plus tard lol).


Avec plaisir, impitoyable Catherine Wink

Argh ! Je pensais pourtant que la longueur découragerait les gens de vérifier si le compte est bon Very Happy

Merci beaucoup pour ton commentaire, je suis soulagé de voir que mon travail a porté quelques fruits.
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Catherine Robert
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 14:25

Citation:
Argh ! Je pensais pourtant que la longueur découragerait les gens de vérifier si le compte est bon

Jamais. Ce soir, épluchage en règle des rimes et des pieds. Twisted Evil
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Max
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 14:28

Je peux t'éviter un dur labeur en t'assurant qu'il y a bien 12 pieds à chaque fois.

(Sauf peut-être avec silhouette que j'ai compté pour 3 pieds...)

Mais bon, il faut me croire sur parole


Dernière édition par Max le Mar 20 Jan 2009 - 14:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 14:31

Je te crois sur parole, mais vous savez bien que je suis un peu toquée, je passe mon temps à faire des trucs inutiles. Laughing dwarf
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 14:33

Damned, tu réponds plus vite que je n'édite (cf : nouvelle phrase du post au dessus) ! Very Happy

Ce n'est pas inutile, et crois moi, c'est vraiment appréciable qu'une personne ici prenne le temps de "vérifier" ! D'autant plus que tu trouvera certainement des trucs.
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 15:12

Il y a beaucoup de travail et pas moins de talent dans ce poème.
Néanmoins il ne m'a pas emballé, et j'ai même du me pousser pour le lire jusqu'au bout.
Je trouve que tu en as trop fait Max : l'expression est, à mon gout, trop grandiloquente, trop répétitive, trop "superlative".
Le texte en devient lourd et laborieux.
J'illustre mes remarques en prenant pour exemple le premier vers : "Ressentez la grandiose épopée qui s’annonce"
* grandiose épopée : ne serait-ce pas un brin exagéré ? C'est une juste fable, sous des airs de tragédies.
* ressentez ... qui s'annonce : un impératif qui peut sembler maladroit pour débuter un récit. Oyez, écoutez, pourquoi pas. Mais ressentez, c'est un peu tôt, on ne sait encore rien de l'histoire, qui justement s'annonce.

_________________
Je ne suis plus de ce monde. Laissez-moi reposer en paix. Merci.
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 17:43

Et bien si je devais soulever ce qui est négatif dans ce poème, j'aurais dit exactement comme toi. D'ailleurs je savais que ces reproches seraient évoqués tôt ou tard.

Mais la grandiloquence était voulue, c'est un parti pris. Et puis si je ne suis pas grandiloquent dans un texte de ce type... alors je ne le serait jamais ! Il s'y prête plutôt bien Smile

Lourd et laborieux ? Tu es dur là. Un poème n'est pas une nouvelle etc. c'est donc en général normal que la lecture soit plus ardue ; et c'est le cas même pour les poèmes des grands maîtres (notamment dans le même style).

Merci pour le commentaire TiCi Wink
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Catherine Robert
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 18:51

Moi le côté grandiloquent ne me gêne absolument pas, je trouve même qu'il va avec le poème, sans cette grandiloquence, je n'aurais peut-être pas autant apprécier le truc. Ca rajoute de la force à l'ensemble.
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 18:58

Merci Catherine, cela me rassure.

Mais je comprend, TiCi, que cela puisse te gêner. D'ailleurs, si Dagobert passait par là, il me reprocherait surement trop "d'emphase" Smile
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Catherine Robert
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 20 Jan 2009 - 22:01

Citation:
Voyez : la silhouette solitaire s’avance,

Je trouve que compter silhouette pour trois pieds est extrême. Je sais, je chicane.
Citation:
Voyez les remous qui s’agitent et vocifèrent,

13 pieds.
Citation:
Pourquoi en est-il réduit à jouer le dément,

Pareil que pour silhouette, personnellement, j'ai très difficile à prononcer les deux sons "ou" et "er" en un seul. Je trouve que ce comptage est trop bancal.
Citation:
Les vents exaltés le fouettent de tous côtés,

Même remarque que silhouette.
Citation:
Le Tout suprême à portée d’entendement :

Je supose que pour le compte tu comptes "ée" pour deux pieds, mais à la lecture à voix haute, je trouve que ça choque.
Citation:
Son corps n’est plus qu’une coquille impassible ;

11 pieds.
Citation:
Eblouit de lumières et sombrant aussitôt.

C'est le même problème que sur les autres vers que je relève. Pour faire 12, tu réduis "éblouit" (en passant ébloui) à deux pieds, mais à la lecture à voix haute, ça choque. Essaie de prononcer cette fameuse deuxième syllabe en un seul son, dur.
Maintenant, ce n'est un problème que lorsqu'on lit à voix haute, mais comme la poésie a pour but, au départ, d'être lue ainsi, je trouve qu'il faut faire attention.
Pour les rimes, ça devrait suivre.
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mer 21 Jan 2009 - 11:34

En fait, je compte d'une manière moins stricte, comme le font la plupart des poètes j'ai l'impression. A savoir en comptant certaines choses qui peuvent l'être ou non, et en ne comptant pas certaines choses qui peuvent l'être ou non, afin d'arriver au bon nombre de pieds.

"Voyez : la silhouette solitaire s’avance,"
Je ne trouve pas que compter silhouette pour 3 soit extrême, d'autant plus qu'à l'oral on dit plutôt si/lhoue/tte que si/lhou/e/tte. Mais je crois qu'on peut choisir de trouver 3 ou 4 pieds, cela dépend du besoin.

"Voyez les remous qui s’agitent et vocifèrent"
13 pieds en effet, bien vu. Je vais passer le tout au singulier pour régler le problème.

"Pourquoi en est-il réduit à jouer le dément,"
Pareil, on dit plus facilement jouer que jou/er je trouve. Et je pars du principe que c'est comme pour les "ier", "ion" etc. qu'on peut compter pour 2 pieds ou non au choix, suivant le nombre de pieds dont on a besoin.

"Les vents exaltés le fouettent de tous côtés,"
Pareil, à l'oral il me semble pas qu'on dise fou/e/ttent ; enfin je fais le choix de ne trouver que 2 pieds ici.

"Le Tout suprême à portée d’entendement :"
En fait ici je prend portée pour 2 pieds et suprême pour 3 pieds, je choisis de ne pas faire l'élision ici.

"Son corps n’est plus qu’une coquille impassible"
Pareil, au choix je trouve 3 pieds à coquille ; mais je préfère ici trouver 4 pieds à impassible en utilisant et prononçant le "ble" comme j'ai vu d'autres le faire.

"Eblouit de lumières et sombrant aussitôt."
Celui-là, éblouit je le compte pour 3, car à l'oral on prononce plutôt 3 syllabes e/blou/it. Bon par contre il faut que je mette lumière au singulier pour que ça fonctionne.

Donc voila comment j'ai fonctionné ici ; ça fait un peu "marché du bon vouloir" au niveau des pieds, mais bon... Je ne connais pas les règles précises, alors je m'inspire des auteurs.

Merci encore une fois pour ton attention et ton implication Catherine ! Wink
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mer 21 Jan 2009 - 12:34

Pour la plupart de tes précisions, je veux bien que ce soit une question de prononciation, surtout que tu as l'air de dire que tu prononce souvent des trucs en une syllabe alors que moi, je les prononce en deux.
Par contre :
Citation:
"Son corps n’est plus qu’une coquille impassible"
Pareil, au choix je trouve 3 pieds à coquille ; mais je préfère ici trouver 4 pieds à impassible en utilisant et prononçant le "ble" comme j'ai vu d'autres le faire.

Ici, les régles ne le permettent pas, le "e" muet à la fin d'un vers ne se prononce pas, c'est comme ça.
Tu pourrais rajouter un adjectif de deux pieds commençant par une consonne : "son corps n'est plus que ... coquille impassible"
Citation:
"Le Tout suprême à portée d’entendement :"
En fait ici je prend portée pour 2 pieds et suprême pour 3 pieds, je choisis de ne pas faire l'élision ici.

Si tu veux compter "suprême" pour 3 pieds, mets une virgule après, ça évitera la manquement aux règles parce que la liaison, autrement, doit se faire.
Citation:
"Eblouit de lumières et sombrant aussitôt."
Celui-là, éblouit je le compte pour 3, car à l'oral on prononce plutôt 3 syllabes e/blou/it. Bon par contre il faut que je mette lumière au singulier pour que ça fonctionne

"Eloui" je le compte pour 3 aussi, c'est "lumières" qui posait problème. Le mettre au singulier règle effectivement le problème.
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Max
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mer 21 Jan 2009 - 16:06

Mouais pour le premier en effet, on ne peut pas "forcer" la prononciation du "e" muet ; là où j'avais cru voir cette entorse à la règle, c'est qu'il y avait en fait une diérèse avant pour arriver à 12.
Je vais juste rajouter une virgule.

Et puis même chose pour l'autre vers en effet.

Encore merci.
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TAK
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 27 Jan 2009 - 9:31

Superbe poeme, Max !
On voit que tu t'y es bcp investi et qu'il y a du travail. Du travail sur les rimes, sur les vers, sur la recherche sémantique, les jeux de miroirs entre mots et syllabes à l'intérieur des vers : bref, on sent que tu y as passé du temps.
J'ai bcp aimé ce poeme, autant pour la forme et le travail fourni, que pour l'histoire elle-meme, contée de main de maitre Wink

Seul reproche que je pourrais faire : c'est quand meme assez long ! La poésie, comme tu le disais plus haut, demande un minimum d'attention et de concentration, alors pour un texte de cette taille, il faut vraiment etre très attentif. Et si dans l'absolu ce n'est pas vraiment un défaut, personnellement, j'ai un peu du mal à aller jusqu'au bout.
Pas pcq c'est mal ecrit (bien au contraire) ou que je n'y ai pas pris de plaisir, mais simplement pcq sur une telle longueur, il est difficile de rester concentré et attentif à toutes les tournures, effets linguistiques ou autres - quand ce n'est pas le fil de l'histoire lui-meme qu'il faut suivre lol (mais j'avoue aussi etre un peu tete-en-l'air par moments).
Bref, c'est un excellent poeme, riche, travaillé et irreprochable - à mon sens - sur le fond, mais qui est peut-etre un chouïa trop long Rolling Eyes
Et sinon, le ton grandiloquent souligné par TiCi ne m'a pas gené, comme Cath je trouve que ça participe justement à la qualité du poeme Smile
Allez et juste pour faire mon chieur, une tite coquille :

Je foule aux pieds Raison et sciences, et – abject calamité – m’en remets à vous ! > abjectE au féminin, il me semble.

Voilà, bravo encore pour ton poeme Max, maintenant que tu as pondu ton gros pavé, tu peux poser ton style et t'en aller l'esprit libre ! Laughing Wink
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Max
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Mar 27 Jan 2009 - 14:30

Cool, j'aime bien tes critiques TAK (surtout quand elles sont élogieuses lol), alors merci pour ton commentaire.

Oui, il est long ce poème, la gêne vient aussi du fait qu'il n'est pas un modèle de fluidité, de mélodie etc. C'est notamment ce que voulait dire TiCi par "lourd et laborieux" j'imagine. Il me faudra dans quelques temps le reprendre et amener plus de mélodie, faire des enchainements plus fluides etc. ; ainsi la longueur sera beaucoup moins préjudiciable. Le problème vient en partie du fait que j'ai construit ce poème quatrin par quatrin ; alors comme j'ai tout collé pour que ça prenne moins de place, c'est pas tip top.

Merci aussi pour la coquille !
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Ven 13 Fév 2009 - 17:00

Vraiment bien ! Ca c’est du poème ! Je trouve certains passages très bien faits :
Citation:
C’est un loup sous la lune, qui gueule sa faim ;
C’est un fol animal, que l’errance tiraille ;
C’est un homme égaré dans le règne des fins…

Citation:
Pourquoi nous façonner ainsi, et douer l’homme de Raison ?
Alors que celle-ci n’est que folie, car subjuguée par les Passions…

Par contre, je mettrais bien « chimère » à la place de « folie »… Parce que raison et folie s’opposent complètement ; sur le coup, quand tu disais « celle-ci », j’avais pas compris que tu parlais de la raison (automatiquement je m’étais dit que ça pouvait pas être la raison que ça désignait). M’enfin c’était peut-être fait exprès ? Rolling Eyes
Citation:
Tant de contradictions, de maux et de heurts ; pour cette engeance que le néant frôle !
Tant de méditations, de mots et de Penseurs ! Pour quoi ? Quel est leur rôle ?

Excellent, le parallélisme !
Citation:
Hélas, fasciné par la flamme vive et belle,
– Comme le candide et fragile papillon
Qui ne peut la toucher sans se bruler les ailes –

Belle comparaison.
Citation:
Eblouit de lumière et sombrant aussitôt.

Jolie antithèse, qui ressort bien, puisque mise tout à la fin.



Maintenant, les fautes d’ortho et les tournures maladroites (à mon sens) :
Citation:
En cet auguste lieu, père de tous les lieux ;

Répétition de « lieu », c’est bof bof.
Citation:
Ses mots chaleureux – comme les flammes dans l’Âtre –

Pourquoi une majuscule à âtre ? Ca désigne l’enfer ?
Citation:
Sont pourtant bien brûlants, au grand dam de l’acteur…

Citation:
Animé par l’élan de sa mélancolie,

La mélancolie c’est quelque chose qui te rend un peu amorphe… Alors qu’elle donne de l’élan… ! Enfin, c’est comme ça que je le vois.
Citation:
Il arrive, frémissant, aux lèvres du gouffre…

« lèvres » ça me fait bizarre… Je mettrais plutôt « abords » (en plus tu gardes l’alexandrin). Je sais bien que t’as voulu faire une image, montrer que c’était une bouche grande ouverte, prête à avaler le gars, mais ça me fait vraiment trop bizarre !
Citation:
Et le long de ces sillons de chair torturés,

D’habitude on n'accorde pas au complément du nom, mais ici ce serait mieux, parce des sillons qui souffrent… j’ai jamais vu ! C’est la chair qui souffre, donc « torturée » serait mieux, je pense.
Citation:
Ainsi que de trop nombreuses larmes flétries.

Ca se flétrit, des larmes ? Shocked
Citation:
Fourbu, le voilà qui suspend ses hurlements ;

Citation:
N’avons-nous pas suffisamment expié nos fautes, notre péché originel ?
Quel sens a l’Être ? Qu’as-tu donc fait de l’homme, oh ! Nature ?
Toi qui laisses naître et foisonner cette extravagante créature…

Citation:
Il n’est de repos pour moi, je souffre implacable détresse ;

Faudrait pas mettre une virgule entre « souffre » et « implacable détresse » ?
Citation:
Et Pourtant, l’étincelle subsiste ! Mais ils sont sourds, l’Homme en eux est à l’agonie ! »

Pas de majuscule à « pourtant ».
Citation:
Qu’il harangue – hélas – la houle déchaînée

Citation:
Tout en prenant à témoins les vifs éléments…

Je suis pas sûre mais il me semble que « témoins » doit rester au singulier.
Citation:
Qu’il n’hésite pas même à commander aux Dieux :

Je crois bien que lorsqu’il y a plusieurs dieux, on met pas de majuscule.
Citation:
Toujours plus j’avance, mais moins la vérité s’offre à moi…

Un peu maladroit je trouve. Je mettrais : « J’avance toujours plus, mais toujours moins la vérité s’offre à moi… »
Citation:
J’affermis mes pas sur mon impuissance, en homme sensé je surmonte mon dégoût :

Citation:
Délivrez-moi de mes chaînes, mettez fin à mes tourments !

Citation:
L’Humanité, cette pièce de théâtre comique, mais trop souvent tragique doit cesser !

Je retirerais la virgule après « comique » et je la mettrais soit derrière « tragique », soit pas du tout.
Citation:
Non ! Les éléments se déchaînent. Et les pluies

Citation:
Les flots, titans des mers, s’agitent en tous sens ;

Citation:
Qui ne peut la toucher sans se brûler les ailes –

Citation:
Ayant pénétré le brasier de l’indicible

Je comprends pas bien… Pourquoi « brasier » ?
Citation:
Eblouit de lumière et sombrant aussitôt.

Si je me trompe pas, c’est pas le gars qui éblouit, c’est lui qui est ébloui par la lumière, donc « ébloui » sans t.

Voilà. Et j’ai eu la flemme de compter les pieds ^^'


Dernière édition par miss witch le Sam 14 Fév 2009 - 14:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Ven 13 Fév 2009 - 18:20

Merci beaucoup pour ce commentaire très détaillé Miss Witch ! Content de voir que le poème a recueilli tes faveurs.

Dommage cependant que que les citations buggent un peu (mais j'arriverai à comprendre). Concernant les pieds, le poème est déja passé au filtre "Catherine", il doit donc être pratiquement impeccable de ce coté là Mr. Green

Je ferai une réponse digne de ton commentaire et de toutes tes remarques à mon retour de vacance (dans une semaine).
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Catherine Robert
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MessageSujet: Re: Deus Ex Machina   Ven 13 Fév 2009 - 18:31

He ! Bonnes vacances ! Profites bien !
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