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 Règles de poésie classique

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Catherine Robert
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MessageSujet: Règles de poésie classique   Mar 13 Jan 2009 - 18:51

Puisque ça a l'air d'intéresser certains, voici quelques règles de poésie classique.

I Qu’est qu’un vers?

- Début du vers : il est marqué par une majuscule.
- Fin du vers : elle est marquée par un retour à la ligne; le vers (contrairement à la phrase en prose) n’occupe pas forcément toute la ligne, et on peut donc trouver un espace blanc à la fin du vers.

Remarque : si le vers dépasse la ligne, alors la fin du vers ne s’aligne pas sur la marge de gauche dans la poésie classique (jusqu’au XIXème siècle), comme en prose, mais sur la marge de droite, après un crochet [



II Présentation du poème

1- Les groupes de vers qui composent un poème s’appellent des strophes.
Il n’y a pas d’alinéa (contrairement à la marque de début de paragraphe en prose).

2- On donne des noms aux strophes selon le nombre de vers qui les composent :

2 vers: un distique
3 vers: un tercet
4 vers: un quatrain
5 vers: un quintil
6 vers: un sizain

Un vers isolé est mis en relief.

3- Les vers sont composés de syllabes.

On nomme les vers selon le nombre de syllabes qui les composent :

8 syllabes: un octosyllabe (Elle a passé, la jeune fille)
10 syllabes: un décasyllabe (Maître Corbeau sur un arbre perché...)
12 syllabes: un alexandrin (Oh! Combien de marins, combien de capitaines)

Pour compter correctement le nombre de syllabes, il faut observer certaines règles :
- le -e muet en fin de vers ne compte pas (il n’est d’ailleurs pas prononcé).
- le -e muet suivi d’un son vocalique (voyelle) ne compte pas.
- le -e muet suivi d’un son consonantique compte.

Ex. Décompte des -e : Par la Natur(e), -heureux comm(e) avec une femm(e) (Sensation de Rimbaud)

- le poète peut faire prononcer en deux sons ce qu’habituellement on ne prononce qu’en un seul : c’est une diérèse. Exemple: “Un bohémi-en”



III Les rimes

Une rime, est la répétition de sons identiques à la fin de plusieurs vers.
On désigne par des lettres chaque rime différente: a, b, c...

1- disposition des rimes

- aabb: rimes plates
Ex. "Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'ends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
"
(Baudelaire, "La fontaine de sang" in Les Fleurs du Mal)

- abab: rimes croisées
Ex. "Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps."

(Victor Hugo)

- abba: rimes embrassées
Ex. "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est chaque fois ni tout-à-fait la même,
Ni tout-à-fait une autre, et m'aime et me comprend."

(Verlaine, "Mon rêve familier").

2- valeur des rimes

On juge la valeur des rimes au nombre de sons qui sont repris: chaque son est codifié par un signe de l’Alphabet Phonétique International.
pensées / croisées: [e] 1 son commun -> rime pauvre (forcément un son vocalique)
âme / femme: [am] 2 sons communs -> rime suffisante
capitaine / lointaine: [ten] 3 sons communs -> rime riche

3- genre des rimes

campagne / montagne: rime féminine (se terminant visuellement par un -e muet, donc non prononcé)
attends / longtemps: rime masculine (se terminant visuellement par toute autre lettre qu’un -e muet)

La poésie classique fait alterner les rimes masculines et féminines.
La poésie moderne préfère distinguer les rimes à terminaison consonantique et les rimes à terminaison vocalique.



IV Les autres effets de sonorité

- les reprises de mots ou de groupes de mots créent un effet de sonorité et de rythme. (une reprise en début de vers ou de strophe se nomme une anaphore)
- les reprises de sons à l’intérieur des vers, dans des mots différents mais proches:
- son vocalique: une assonance Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant (Verlaine)
- son consonantique: une allitération Pour quisont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? (Racine)



V Le rythme

- il faut marquer les pauses au bon endroit et pour cela, repérer les mots qui forment un groupe cohérent.
- le poète peut choisir d’écrire des groupes de mots qui débordent du vers:
- un vers déborde sur le vers suivant: c’est un enjambement .
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme.
(Rimbaud, "Le Dormeur du Val")
- si le groupe de mots placé au vers suivant est très court, on parle de rejet.
Il dort dans le soleil la main sur sa poitrine,
Tranquille.
(Rimbaud)



on étudie deux sortes de poésie:

- La poésie lyrique (< de la lyre) dans laquelle le poète exprime ses sentiments personnels.
Le poète dit “Je” mais ce qu’il ressent concerne tout homme; le lexique des sentiments domine, on trouve beaucoup d’interjections. Le poète utilise des ruptures de syntaxe, des effets de musicalité et aussi de discordance pour rendre son poème plus expressif. Pour donner plus de force à l’expression de ses sentiments, le poète utilise aussi toutes les ressources du vocabulaire (champs lexicaux, connotations...) et des figures de style.
Les grands thèmes lyriques témoignent de la sensibilité humaine: la vie, la mort, le patriotisme, l’espoir de la liberté, l’enfance, la nature, le temps qui passe, le rêve, les souffrances et les joies de la passion, la ferveur religieuse.

- La poésie engagée qui se met au service d’une cause précise dans un contexte historique précis. Le poète y fait référence à des éléments réels précis et vérifiables. Elle incite le lecteur à réfléchir et à agir: elle peut délivrer un message d’espoir en l’avenir ou mettre en garde contre l’oubli, incitant ainsi au devoir de mémoire. Elle est d’une grande force argumentative car elle cherche à convaincre le lecteur.



Voilà ! Le tout est pompé honteusement sur le net ici


Dernière édition par Catherine Robert le Mar 13 Jan 2009 - 19:25, édité 1 fois
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Lestat
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Mar 13 Jan 2009 - 19:16

C'est bien cool pour les débutants ton nouveau sujet, je me posais justement des questions y a pas longtemps sur la manière de commencer à écrire un poême (j'y connais rien).
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Catherine Robert
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Mar 13 Jan 2009 - 19:23

Je dirais que si on n'y connait rien, il vaut mieux ne pas taper trop haut pour commencer. Peut-être se concentrer sur les rimes au début et petit à petit, intégrer d'autres règles.
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Max
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Mar 13 Jan 2009 - 23:31

Très intéressant ce topic, merci Catherine Smile
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TAK
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Mer 14 Jan 2009 - 9:31

Super ce topic ! je viendrais y puiser qques conseils lorsque je m'essaierai à de la poésie plus "serieuse".
Merci Catherine, que la lumière des cieux vienne nimber de son eclat ta divine personne Very Happy
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Max
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Mer 14 Jan 2009 - 11:36

Il manque plus que des précisions sur des mots barbares comme césure, hémistiche etc.
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Catherine Robert
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Mer 14 Jan 2009 - 11:43

Ce n'est qu'un aperçu qui devrait être complété, car il y a encore des choses à dire. Je verrai si je trouve d'autres choses intéressantes.
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Max
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Jeu 15 Jan 2009 - 14:01

Une petite question que je pose ici : connaissez-vous un bon dictionnaire de rimes ? Gratuit et complet si possible. Avant j'utilisais "DicoRime" mais il est limité à 15 utilisations Sad
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Catherine Robert
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Mer 21 Jan 2009 - 19:43

Pas vu ton mess Max.
J'ai déjà cherché sur le net des dictionnaires de rimes en ligne, je n'ai rien trouvé d'intéressant.
Je me suis donc procuré un dictionnaire des rimes dans le bon vieux format papier (et ça me suffit) qui a rejoint mon dico, mon pratique de conjugaison et celui de grammaire. Ce que je voudrais encore trouver, c'est un tout bon dico des synonymes.
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Max
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Jeu 22 Jan 2009 - 10:25

Comme dictionnaire de synonymes, j'utilise celui-ci qui me satisfait pleinement :

http://www.crisco.unicaen.fr/cgi-bin/cherches.cgi

Et finalement, comme dico de rime j'utilise faute de mieux pour le moment le Barbery (un peu spécial comme truc mais il fait son office - et même un peu plus) :

http://www.barbery.net/lebarbery/index.htm
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Ninjakiwi
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MessageSujet: merci   Ven 31 Juil 2009 - 6:53

Vraiment bien!

Merci, c'est justement ce que je cherchais

Merci beaucoup


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miss witch
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Lun 27 Juin 2011 - 17:43

Catherine disait que ce topic était à compléter, alors je me dévoue. Je vais aborder ce qui n’a pas été traité dans le post de Catherine et parler un peu des règles de la poésie moins classique parce que c’est quelque chose qu’il faut savoir.


I. La valeur des rimes : autre méthode

Catherine parle en III. 2. de la valeur des rimes (les rimes pauvres, suffisantes et riches). Mais il faut savoir que cette méthode est moderne (c’est celle de Grammont), et qu’il en existe une autre, plus classique, celle de Ténint. Voilà en quoi elle consiste :
– une rime est dite pauvre lorsqu’elle comporte un son vocalique (c’est la même chose, donc) ;
– une rime est dite suffisante lorsque la voyelle commune est suivie d’une consonne identique, exemple : cheval/égal ;
– une rime est dite riche lorsqu’il y a une consonne d’appui + une voyelle tonique (toute voyelle autre que le e muet, donc), exemple : vendu/perdu. (Selon l’autre méthode, cette rime est suffisante.)

Pour les deux méthodes, lorsqu’une rime excède 3 sons communs et qu’elle s’étend sur 2 syllabes au moins, on a affaire à une rime léonine.
Exemple : ni bien ni mal/animal => ici, on a 5 sons communs sur 2 syllabes, c’est donc une rime léonine.

Infos complémentaires : pour les classiques, l’important n’était pas la forme mais le contenu. Donc quand on voit chez Racine des rimes riches, il ne faut pas s’extasier. Chez les modernes, c’est plutôt le contraire : ils accordent beaucoup d’importance à la forme, c’est pour ça que les enjambements, rejets, contre-rejets sont légions par exemple, et qu’ils font très attention à la rime (et là, vous pouvez être sûr que si la rime est riche, c’est que le mot rimant a une importance dans la signification du poème).


II. Les rimes vocaliques/consonantiques

Elles sont évoquées dans le III. 3. de Catherine, les rimes vocaliques/consonantiques prennent le pas, dans la poésie moderne, sur les rimes féminines/masculines.
Les rimes féminines/masculines sont une règle pour l’œil, c’est-à-dire que peu importe le dernier son qu’on entend, la rime sera féminine si le mot se termine par un -e muet et masculine si le mot se termine par n’importe quelle autre lettre que le -e muet. Les rimes vocaliques/consonantiques, en revanche, sont une règle pour l’oreille. La poésie est avant tout faite pour être entendue (« De la musique avant toute chose », disait Verlaine), on va donc se concentrer sur ce que l’on entend et non sur ce que l’on voit.
Une rime consonantique est une rime qui se termine par un son… consonantique.
Exemple : encore/maure => si on applique la règle pour l’œil, ces rimes sont féminines. Avec la règle pour l’oreille, ces rimes sont consonantiques, car elles se terminent par le son [R].
Une rime vocalique est une rime qui se termine par un son… vocalique.
Exemple : feux/bleu => si on applique la règle pour l’œil, ces rimes sont masculines. Avec la règle pour l’oreille, ces rimes sont vocaliques, car elles se terminent par le son [eu].

Infos complémentaires : les poètes modernes jonglent avec ces deux règles. Selon ce qu’ils veulent exprimer, le thème du poème, ils utilisent l’une ou l’autre. L’usage de la règle pour l’oreille exprime une volonté de se démarquer des règles et auteurs classiques, tandis que l’usage de la règle pour l’œil place le poème dans une continuité classique.


III. La pureté de la rime

Dans la poésie classique, on suit la règle de la liaison supposée/potentielle. Elle consiste à ne pas faire rimer deux mots terminés par une consonne muette qui, si on ajoute une voyelle derrière, font une liaison hétérogène.
Exemple : mort/mors => ces rimes ne sont pas bonnes, car si on ajoute « à » derrière et qu’on fait la liaison, on a alors les sons [ta] et [sa] (mort à/ mors à). En revanche, mort/tort + à, c’est bon, car on a le même son [ta].

Infos complémentaires : dès la période romantique, les poètes s’affranchissent de cette règle, sauf pour le son [z], qui s’applique jusqu’au XXe siècle.
Exemple : remords/bord => interdit ; remords/bords => autorisé.


IV. Le rythme

Un effet de rythme n’a pas été traité dans le V plus haut : il s’agit du contre-rejet. C’est la même chose que pour le rejet, sauf que le mot n’est pas rejeté au vers suivant mais au vers précédent.
Exemple : Ce n’est pas une taille avantageuse, c’est
_________Mon âme que je cambre ainsi qu’en un corset (Edmond Rostand)

Les enjambements, rejets et contre-rejets qui s’exercent d’un vers sur l’autre sont dits externes, tandis que les enjambements, rejets et contre-rejets qui s’exercent à l’intérieur d’un même vers, entre ses deux hémistiches (voir V. qui suit), sont dits internes.


V. Césure et hémistiche

Il existe deux types de vers : les vers simples et les vers complexes. Les vers simples sont ceux qui ont jusqu’à 8 syllabes. Les vers complexes sont ceux qui ont plus de 8 syllabes. Le vers complexe est organisé en deux sous-mètres qu’on appelle hémistiches, et ces deux hémistiches sont séparés par une césure. La césure est une séparation abstraite qui n’a lieu d’être qu’en poésie. Elle sera marquée par + ou //. La dernière syllabe d’un vers et la dernière syllabe du mot précédant la césure portent l’accent.

1. Les différentes césures
Il faut tout d’abord savoir que la césure ne peut pas être placée à l’intérieur d’un mot ni après un clitique, c’est-à-dire un élément non accentuable et soudé à un autre mot qui, lui, porte l’accent.
Exemple : go+ber => la césure est en plein mot, c’est interdit
_________le+chat => « le » est soudé à « chat », donc l’accent ne peut pas être sur « le »

Le -e muet est source de problèmes. Ainsi, placé à la césure, il crée plusieurs irrégularités :
– la césure lyrique consiste à placer la césure derrière un -e muet prosodiquement compté.
_________Exemple : Je viens dans son temple + pour prier l'Éternel (déformation d’un vers de Racine)
– la césure italienne ou enjambante consiste à placer la césure devant un -e muet non élidable.
_________Exemple : Oui, je viens dans son tem+ple prier l’Éternel (déformation d’un vers de Racine)
– la césure épique consiste à ne pas compter, à la césure, un -e muet qui aurait dû l’être.
_________Exemple : Oui, je viens dans son templ(e) + pour prier l’Éternel (déformation d’un vers de Racine)

2. Les mètres
Dans les vers complexes, la césure peut être placée à différents endroits selon le nombre de syllabes :
– ennéasyllabe (9 syllabes) : 3 + 6 ou 4 + 5
– décasyllabe (10 syllabes) : 4 + 6 ou 6 + 4 ou 5 + 5
– hendécasyllabe (11 syllabes) : 5 + 6 ou 8 + 3 ou 7 + 4 ou 6 + 5 (l’information n’est pas sûre)
– alexandrin (12 syllabes) : 6 + 6 ou 4 + 4 + 4 (c’est le trimètre romantique)

À noter que certains poètes, comme Rimbaud et Verlaine, ne mettent pas toujours de césure aux ennéasyllabes et hendécasyllabes.


VI. L’hiatus

L’hiatus est la rencontre de deux voyelles, sans élision. Dans le corps d’un vers, il y a hiatus chaque fois qu’un mot terminé par une voyelle sonore est immédiatement suivi par un mot commençant par une voyelle ou par un H muet (comme dans tu as, tu es, j’ai aiguisé, j’ai honoré). La conjonction de coordination et, dont le T n’est jamais prononcé, produit un hiatus avec toute voyelle sonore qui la précède ou la suit (Il a apprécié et acheté ce recueil).
En revanche l’adverbe monosyllabique oui qui se prononce sur une aspiration peut succéder à une voyelle sonore (Eh oui !). Si un E muet précède oui, il peut être élidé, sauf dans ce, le, que car il perd son caractère muet en servant d’appui à la voix (ce oui, le oui traditionnel du mariage).
Les interjections ah ! eh ! oh ! dont le H final est aspiré, peuvent également être répétées sans produire d’hiatus. De même, elles peuvent être placées devant un mot commençant par une voyelle.
L’hiatus est en principe désagréable à l’oreille. Il s’intègre mal dans des vers qui voudraient célébrer la douceur de la vie.


VII. Diérèse et synérèse

On appelle diphtongue la réunion, dans un même mot, de deux sons entendus distinctement, mais produits en une seule émission de voix. Il est donc indispensable pour mesurer le mètre de savoir quand deux ou plusieurs voyelles successives forment une ou plusieurs syllabes.
Pour apprécier si l’on doit recourir à la synérèse (émission de deux voyelles en une seule syllabe) ou à la diérèse (émission de deux voyelles en deux syllabes), il faut revenir à l’étymologie du mot. En principe, la diphtongue comptera pour une ou deux syllabes selon qu’elle est issue d’une ou deux syllabes latines.
Généralement, lorsque la première voyelle est précédée d’un R ou d’un L précédés eux-mêmes d’une consonne, la diphtongue compte pour deux syllabes. Exemples : « nous ne pli-ons pas ! », « j’ai cri-é », « plu-ie ».

Pour avoir la liste des diphtongues à compter en une ou deux syllabes, voir le tableau du site http://www.etudes-litteraires.com/versification.php#ixzz1QUqnucMN.


Voilà ! C’est fini. Le point sur l’hiatus, la diérèse et la synérèse est tiré du site http://www.etudes-litteraires.com/versification.php. Pour le placement de la césure dans un hendécasyllabe, l’info vient d’une dénommée Flormed, qui a apparemment des références sérieuses, sur ce forum, mais n’ayant pas pu vérifier ses dires, l’info est à prendre avec des pincettes. Tout le reste provient de mes cours de fac.

Si j’ai oublié des trucs ou fait des erreurs, je suis tout ouïe.
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Catherine Robert
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Lun 27 Juin 2011 - 18:48

Et bin, c'est tout bien tout ça ! cheers
Petite question :
Une que je me pose depuis un bon moment et à laquelle je n'ai pas encore eu de réponses très claires : au niveau du hiatus, j'ai bien compris le truc, sauf que, y a-t-il hiatus lorsqu'il y a un son comme "an", "in", "ou"...
Par exemple : "j'ai enlevé" hiatus ou pas entre "ai" et "ou" ?
Pour les rimes, je le savais mais j'ai omis d'en parler, mais je sais que pour certains concours classiques, la consonne d'appui est importante et il vaut mieux pour être sûr partir sur cette règle là.
Pour la diérèse et synérèse, un outil pour savoir comment couper un mot classiquement est le littré (je le consulte en ligne) qui est reconnu par les poètes.
Personnellement, j'étais contre diérèse et synérèse, simplement parce que je trouvais ça bizarre de décider que telle ou telle prononciation primait sur une autre, mais bon, je m'y suis mise (on veut faire du classique ou pas) et avec la raison donnée par Miss Witch (origine latine du mot), je comprends mieux.

Il y a certainement encore plein de trucs qu'on ne vous a pas expliqué, mais vous avez déjà là une fameuse base pour vous lancer dans la poésie plus classique.
Et n'oubliez pas que classique, néo-classique et libre ne sont pas en compétition, ce sont trois genres qui ont leurs propres qualités.

Si j'y pense, je vous parlerai des formes poétiques (sonnet, lai, villanelle,... y en a des tas). Bon maintenant, faut que j'y pense Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Lun 27 Juin 2011 - 19:47

Catherine Robert a écrit:
Par exemple : "j'ai enlevé" hiatus ou pas entre "ai" et "ou" ?
Entre "ai" et "en" tu veux dire? Il y a hiatus, oui.
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   Lun 27 Juin 2011 - 21:14

oki ! Parce que quand on parle de hiatus, on parle jamais que des voyelles a, i, o, u et les sons é et è, mais jamais des sons on, en, ou, in, oi..., ça me perturbait.
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MessageSujet: Re: Règles de poésie classique   

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