LE MANOIR DU FANTASTIQUE

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 La bande à Watson

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cyrolin
Vampire de campagne
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MessageSujet: La bande à Watson   Ven 7 Oct 2011 - 11:53

EDIT (piaf): Je tente d'apprivoiser le démon informatique avec un lien PDF: http://cjoint.com/?AJhuhpsWWrP

Je suis Charles Prévaut, dit « Watson » pour les collègues, prononcez à l’anglaise.

J’appartiens à une équipe de chasseurs de trésors spécialisée dans la recherche de savoirs et de babioles technologiques anciennes. Les deux gugusses derrière, c’est mes équipiers.
Le blond tout chétif avec sa gueule de premier de la classe, celui qui arrête pas de cligner des yeux et de se balancer assis sur sa pierre, c’est GPS ou « gépé » pour abréger. Nan, nan il nous fait pas une crise d’angoisse. Il est toujours crispé comme ça, faut s’habituer. GPS ça veut dire « guidage par satellite », c’est le nom d’un appareil qui permettait de jamais se perdre quand on s’aventurait sur des routes inconnues. Mais comme le nom l’indique, fallait des satellites pour ça, tandis que mon copain Gépé il marche à la mémoire, une mémoire hors normes qui a « photographié » des centaines de cartes et enregistré chaque détail. Je peux me balader à cheval avec lui dans une ville où il a jamais mit les pieds, juste vu sur une carte. Je lui demande la rue de machin, il m’y conduit direct, même une petite ruelle pas connue à l’autre bout de la ville. A part ça faut bien dire, il est à peine fichu de faire un double nœud.
La petite rouquine sans seins ni fesses qui porte une pochette de cuir en bandoulière et un T-shirt « Hello Geekette » avec un smiley qui tire la langue, c’est tourniquet, la bricoleuse attitrée. Oui, elle est majeure et non, pas anorexique. Bon, certes elle peut oublier de manger une journée entière, mais faut la voir se goinfrer de cochonneries quand elle a des trucs sucrés sous la main. Et jamais une carie avec ça ! Elle doit avoir des dents magiques. La première fois qu’on a bossé ensemble en pleine cambrousse, comme on discutait de comment on était arrivé dans le métier, j’ai eu le malheur de lui dire « Tu ressembles pas vraiment à Indiana Jones. », un vieux personnage de fiction qu’elle devait connaître. Réponse du tac au tac « Ben nan ducon, il existe pas ». Du coup, j’ai fermé ma gueule…
C’est pas l’équipe au grand complet. Une autre fois, je vous présenterais encore Chaton, Papy et quelques autres. On est une petite dizaine en tout mais, en territoire hostile comme ici, on voyage en petits groupes discrets, juste les compétences indispensables.


Bah oui ! Un truc que j’ai pas encore dit même si ça paraît aller de soi, c’est qu’on n’est pas les bienvenus partout. Ca fait cent ans que le pays est quasiment revenu au moyen âge et il s’en trouve quelques uns, beaucoup même, pour penser que c’est très bien comme ça. Parmi ceux là, on compte deux trois groupes d’influence plus ou moins puissants, le plus important étant le projet terre. Certains les voient comme les sauveurs de l’humanité. Le plus gros de la population, plutôt comme un moindre mal par rapport aux autres. Je suis pas sûr d’être d’accord avec ça. Le groupe se revendique de la social « démocratie » (mon œil !), de l’écologie, du féminisme et des valeurs familiales. Il prêche la simplicité « volontaire » (mon autre œil), la stabilité socioculturelle et la moralisation des institutions comme réponse à tous les problèmes hérité du « patriarcat industriel capitaliste » peu importe ce que ça veut dire. Pacifique sur le papier, pas si fique que ça quand on les connaît, elles entretiennent des milices majoritairement féminines à vocation purement défensive (mon cul, désolé j’ai plus d’œil). En plus de protéger la populace des dangers externes, elles s’attaquent aussi à toutes les sources de corruption : bars à hôtesses, sex shop, distilleries, boucheries, salles de boxe, hôpitaux de fortune pratiquant l’IVG, j’en passe.
Je devrais d’ailleurs les remercier, c’est comme ça que j’ai trouvé ce métier. Avant, j’étais videur dans une boîte à strip-tease à Lyon. Les miliciennes ont trouvé l’endroit obscène et dégradant pour l’image de la femme, et l’ont fait boucler. Avec Chaton, une danseuse que j’aimais bien, on a décidé de chercher un nouveau job ensemble. Elle avait le carnet d’adresse, j’avais les biceps. Six jours et deux télégrammes plus tard, on bossait pour pro-tech-tion, une entreprise de collecte et recyclage de déchets industriels, couverture d’une confrérie de crânes d’œufs qui cherchent à sauver les connaissances anciennes. Les mecs du projet terre nous appellent les bousiers, les ramasse-merde, les éboueurs dans le meilleur des cas. Ils nous tolèrent parce qu’on les débarrasse d’épaves polluantes ou dangereuses, mais ils nous verraient bien sur un bûcher.

En parlant de bûcher il y a aussi le front catholique occidental dans les grosses pointures. Leur attitude envers nous est en gros la même que celle du projet terre, mais pour des raisons différentes. C’est coloré les négociations avec eux, surtout quand il faut leur expliquer comment marche un truc : ils veulent bien nous acheter des ordinateurs, du matériel médical et des armes, mais à condition de pouvoir continuer à penser que la terre est plate, que le ciel est une voûte et que dieu a créé tout ça en six jours, il y a six mille ans de ça. Pour rester en bons termes avec eux, faut pas leur parler de combustible fossile, de satellites ou d’OGM. A éviter aussi tout ce qui est sexe drogues et rock’n roll.

Dans le genre « France, terre de contraste » je demande les Goréens. C’est une toute petite faction comparée aux deux autres mais je les mentionne vu qu’en général, c’est plutôt des alliés. Des alliés dont on se passerait bien d’ailleurs.
Voyez, on peut bien me traiter de brute, de macho, d’animal et j’avoue, on n’aura pas complètement tord ; Mais moi, j’ai pas encore échangé tout mon cerveau contre de la testostérone. Eux, si. Ce sont des guerriers hors-pair, et des alliés fiables qui ne savent pas ce que signifie trahir ou se dégonfler, mais vraiment pas sortables.
Pour l’essentiel, c’est un gang de pillards, de violeurs et d’esclavagistes appuyés par une idéologie un peu bâtarde, mélangeant la psychologie évolutionniste à des doctrines antiques machistes et sanguinaires. Ils disent que le projet terre, en prétendant retourner à la nature, détourne la vraie nature de l’homo sapiens. Il est naturel que les mâles cherchent à s’accoupler avec autant de femelles que possible. Il est naturel que les femelles cherchent les mâles forts et prospères pour donner à leurs enfants des gènes robustes et une enfance à l’abri du besoin. Il est donc naturel que les hommes forts s’approprient les femmes des hommes faibles, et tous leurs biens au passage. Il est naturel encore que les forts fassent la loi sur leur bout de terre, que les faibles utiles soient protégés et nourris, et que les faibles inutiles aillent se faire voir ailleurs dans le meilleur des cas. Dans le pire, ça les dérange pas de donner un petit coup de pouce à la sélection naturelle. Un mec en moins après tout, ça fait plus à bouffer et à baiser pour ceux qui restent.
En théorie, je suis d’accord avec eux la plupart du temps et j’apprécie leur conscience de n’être que des singes intelligents, sans hypocrisie. En pratique, ce sont des brutes sans cœur et ils me répugnent.
Il y a encore deux trois factions : des militants, des religieux, des mafieux… mais je vous ai assez saoulé de descriptions, place à l’histoire.




Elle commence un mois plus tôt dans un bled quelconque au milieu des forêts du jura. Grise-combe, Sombre-combe, Tête-de-combes… chai plus.
. Cette région était déjà le trou de balle de la France du temps de la croissance et, depuis que le projet terre a mis la patte dessus dans les années 2100, l’endroit est aussi palpitant qu’un téléfilm français.
Comble d’horreur, on arrive pile au moment d’une fête paysanne traditionnelle : l’élection de la reine de Mai. Il s’agit d’élire la plus parfaite Mary Sue du village, de lui poser un drap blanc sur la couenne avec des colliers de fleurs de partout et de la faire défiler dans les rues pour célébrer le retour du printemps. Coté garçon, on élit le plus indiscipliné, le plus fougueux, et on le déguise en sapin de noël pour représenter l’ « homme vert » qui fera de son mieux pour débaucher la reine de Mai, celle-ci devant jouer la fille sage et retenir le jeune chien fou d’aller trop loin. Dis maman, comment qu’on fait les bébés ?
On s’est calé dans un coin en bordure du village avec nos tentes et nos petites affaires. Personne nous a vraiment dit de rester à l’écart, mais personne nous a vraiment invité non plus. Le soir, ils ont monté un buffet dans la prairie juste à coté, et commencé à faire la bringue. Buffet végétarien bien sûr. Nous avec Gépé et Tournik’ on s’est regardé deux minutes, pis on a décidé que non, on n’allait pas s’inviter au buffet. « En gros-cagne il faut faire comme les gros cons, dirait l’ami Papy, et il aurait raison. Mais franchement, après vingt jours de marche dans les bois, des carottes à l’eau de source et de la compote d’orties…
On s’est fait notre petit feu, cent mètres plus loin pour point déranger. On a sorti les oignons, les marrons, la charcute, et fait réchauffer le cuissot de chevreuil tranquille pépère. On aurait encore eu des petites patates au four et un coup de picrate, c’était comme à la maison.
Bien sûr, il a fallu qu’on vienne nous gonfler. Je l’ai vu venir à trois lieues le gars, avec ses gros sabots. Rien que physiquement, il m’a déplu tout de suite : la cinquantaine molle, gros bide (on se demande bien comment vu ce qu’ils bouffent), bras en ficelle, dos voûté, gueule de cocker dépressif.
Sans même prendre la peine de dire bonjour ou de se présenter, il annonce la couleur :
« Messieurs-dames, l’odeur de votre barbaque nous incommode un peu. »
A cent mètres avec le vent dans le mauvais sens ? Il se foutait de moi.
« Vous seriez aimable d’éteindre ce feu, ou d’y faire cuire autre chose »
Moi aimable ? J’ai une gueule à jouer de l’accordéon ? Tourniquet gloussait derrière son absence de barbe en attendant la réplique.
« Ca va pas être possible, mec »
Là j’ai fait soft. Pourtant, rien que le mot « mec » il l’a pris de travers. Trop familier ? Ou alors il a tellement bouffé de propagande féministe qu’il doit avoir honte d’en être un, allez savoir.
« Ecoutez, c’est notre village ici.
_ Ah bon ? Je croyais que la terre était à personne, qu’on n’était tous que ses enfants et tout ça.
_ Ca n’a rien a voir ! Vous êtes chez nous, et nous avons des règles !
_ Ben faut mettre un Tampax. »
Là d’accord, j’admets, pardon, mea culpa : j’ai manqué d’élégance. Au moins Tourniquet s’est roulé par terre, toujours ça de pris. Je l’adore pour ça la môme, un rien l’amuse ! Gépé a levé les yeux deux secondes de ses cartes avant d’y retourner, rien pigé comme d’hab. L’autre con s’est barré. Moi, j’ai repris un bout de lard. Affaire classée croyais-je naïvement.


Quand on veut ni se battre ni lâcher le morceau, on applique la règle du plus gêné qui s’en va. S’amorce alors un petit jeu, à qui sera le plus gênant. Ces cons ont cru pouvoir gagner.
« Quand on m’a parlé des bousiers » a gueulé une rombière en faisant semblant de discuter avec sa copine juste assez fort pour qu’on entende « Je n’avais pas d’idée précise mais tout de même, je me serais pas attendu à un gorille.
_ Et encore, les gorilles sont balourds, phallocrates et puants mais ils ne mangent pas d’animaux morts, eux ! »

Ok cocotte, tu veux jouer à ça…
« Dis voir Tournik’, il reste pas des criquets frits dans le sac, le temps que ça chauffe ? »
Et crrrrrac Jiminy ! Croquant au dessus, fondant à cœur, bourrés de protéines et frits dans un filet de miel pour le goût : le petit déjeuner des champions.
Après ça, j’ai cru qu’ils avaient compris la leçon parce qu’on a eu la paix un bon quart d’heure. Puis ils ont commencé à brailler des chansons scouts en se tenant la pogne. Même chanté juste c’est insupportable ces trucs, alors là…
« Si nous savons nous prendre par la main
De l’amour nous battrons tous les records
Réveillons nous matin et forçons le destin…
_TROUSSES TES MICHES ET MONTE A BODET
LEVE M’CHEMISE TU VERRAS MON SIFFLET »
Ah nan mais quand on me cherche, on me trouve.

Après ça, on nous a fichu une paix royale. Enfin, je me suis quand même couché avec une main posée sur miss chevrotine. Sait-on jamais, avec la pleine lune…











Cocorico, il est sept heures et on plie les tentes pour une belle journée de voyage. Quand même, ça m’étonne que personne ne soit venu nous déranger.
« Tu parles ! » qu’elle râle, la Tourniquet « Personne pouvait approcher, t’as pas arrêté de péter toute la nuit ! »
Oups. Les camarades avaient passé la moitié de la nuit dehors, jusqu’à ce que ça caille vraiment trop.
Normalement les criquets, c’est seulement au petit dèj et il y a une raison pour ça. Alimentaire, mon cher Watson.
Pour changer de sujet, je demande à Gépé s’il sait où on va, question idiote s’il en est.
« Dans la région, il est plus sûr de suivre les rivières que les routes. En longeant le Lison d’aussi près que possible vers l’aval, on tombera sur la Loue qu’il faudra remonter jusqu’à la source. De là, on avancera d’une dizaine de…
_D’accord, d’accord. En fait, un oui m’aurait suffi.
_ Ce que je comprends moins, c’est pourquoi on y va ? »

Depuis quand il pose des questions lui, il devient humain ou quoi ? Je voudrais bien lui répondre qu’on a du sérieux, du solide, qu’on n’a pas fait deux cent bornes à dos de bourrin et cinquante à pieds juste à cause d’une intuition et d’un mince, très mince filet d’indices. Pourtant, c’est le cas.
Une part énorme du travail consiste à repérer ce qu’on appelle des catacombes, des endroits ou une poignée de doux dingues ont conservé des ordinateurs par dizaines à l’époque où on a commencé à en faire des feux de joie. Pour peu que les bécanes aient été tenues à l’abri de l’humidité et des destructions volontaires, tant des militants technophobes que des pillards qui désossent les engins pour en extraire les métaux précieux, on peut en récupérer le disque dur pour analyse. C’est long, fastidieux, et ingrat : neuf fois sur dix on n’a qu’une collection de films de cul et un album de famille. Forcément, les doux dingues en question n’avaient souvent ni le temps ni l’électricité pour vérifier les contenus : Ils conservaient ce qu’ils trouvaient.
Or, on a retrouvé récemment quelques unités centrales ayant appartenu à des scienteux. Pas des grands docteurs, mais des profs de lycée, des animateurs d’ateliers scientifiques, de simples amateurs… Très éloignés géographiquement les uns des autres, aucun rapport apparent excepté une carte géologique du massif du jura qu’on a retrouvé sur tous les ordis, annotée de petits points rouges aux emplacements connus des principaux gouffres et grottes. On a bien sûr mi les chasseurs de trésors de la région sur le coup. Deux équipes ont déjà fait choux blanc, alors on a tenté notre chance des fois qu’un détail leur auraient échappé. On a déjà fouillé la grotte d’ « et moi donc », la grotte des planches, une autre dont j’ai même pas su le nom. Et grotte de bique, on n’a rien trouvé.
« Ben… si je te réponds : toute façon on n’a pas mieux à faire, t’achète ?
_J’achète. »
Affaire classée.

Le temps de faire le caca du matin, ranger les affaires, remplir les gourdes au puits et on était reparti. Ca nous toisait encore dans le village, mais plus dans l’agressif. Plutôt comme on regarde un mec partir vers l’échafaud. Au bout du village, une mémé nous a même interpellé pour nous prévenir qu’on allait se faire bouffer par la vouivre, voyez le genre. Bon, bien sûr elle l’a pas dit comme ça. Elle a commencé par me raconter l’histoire de son gosse, trois ans plus tôt :
« Alors là Y m’dit je vais au champignon qu’y m’dit. Et moi je répond va pas trop loin que j’dit, y a des loups. Mais nan qu’y m’dit, je fais juste le tour d’la route. Mais j’dis pourquoi t’as pris ton sac à dos, que j’dis ? »
C’est un coup classique des vielles qui vous tiennent la jambe, ça. J’ai même fini par l’appeler le coup de la mémé, tellement ça leur va bien. Pour résumer, la mémé a envie de causer, alors elle cause. Elle cherche surtout pas à savoir si ce qu’elle raconte vous intéresse. Au contraire, elle se fout carrément des œillères pour pas voir les soupirs, les regards fatiguées, et toute les manières polies de dire « tu m’emmerdes ! » a quelqu’un. Elle s’accroche en tablant que tu seras trop bien élevé pour l’envoyer chier carrément. Le pire, c’est que ça marche.
Bon, à vous, je vous fais la version courte en zappant les « que j’dis » et les « qu’y m’dit ». Il apparaît que sous prétexte d’aller aux champignons, le gamin qui devait avoir seize ans a décidé d’aller «au glier ». Traduisez, à la chasse au sanglier, probablement à la suite d’une overdose de repas végétariens et d’albums d’Astérix. Il est donc parti dans les bois avec le fusil à moineaux de son arrière grand oncle planqué dans son sac, une pétoire qui aurait rien tué de plus gros qu’un écureuil même quand elle était en bon état. Au lieu de ça, vers dix heures du soir comme il s’était bien enfoncé dans le bois, il a entendu un rugissement énorme, un truc pas sensé sortir dune bête naturelle, et aperçu un truc en forme de serpent qui faisait trempette dans un petit lac. Il s’est pissé dessus, il a fait demi tour et il a tracé jusqu’à chez lui en criant à tout le monde qu’il avait vu la vouivre. Au début, on s’est marré, pis ils fini par aller voir à plusieurs, et ils ont tous entendu le même rugissement.
Je vois pas de quoi ils paniquent, les gus. Je veux dire, elle a encore attaqué personne. Elle lui a peut être même sauvé la vie au petit. S’il avait croisé un glier et qu’il avait tiré dessus, il se serait rendu compte qu’y a pas que les loups et la vouivre qui peuvent vous tuer dans les bois….
Il y a aussi la connerie !

« Vous en faites pas mémé, on craint rien. Deux sacs d’os et un gros tas de cholestérol, on est des immangeables. »
On fait encore un sourire à la mémé, on se remet en route, on a fait une dizaine de pas quand elle se retourne genre finalement, coup de théâtre, finalement je vous offre encore une info choc. Et en effet, pour du choc ! Elle me dévisage de loin et me sort :
« Eh ben toi mon gaillard, j’aurais trente ans de moi, je t’aurais bien mangé tout cru pourtant. »
Beuh ??!


Sur ces bonnes paroles donc, on a quitté Roidécombes ou un truc comme ça, direction la mare à la grosse bête. Fallait vraiment qu’on n’ait que ça à faire pour s’intéresser à une piste aussi nulle. Pour tout arranger, il ne nous restait plus grand-chose de vraiment agréable à manger. On allait attaquer le régime haricots et riz complet d’ici le lendemain et j’en étais de loin, le plus mécontent.
En milieu d’après midi, une journée déjà chaude pour la saison, on faisait une pause pour boire un coup quand GPS nous a sorti comme ça :
« Incohérence. Manque un village »
C’est rien de dire que Gépé se trompe rarement. En fait je serais pas si méfiant, je vous dirais qu’il est carrément infaillible mais là, quand même, j’ai eu un doute.
« Où tu veux qu’il soit ton village ?
_ On est devant. Enfin, on devrait. Charbonnière les sapins, juste là» Il a pointé du doigt sur une pende, devant nous, qui descendait vers une petite vallée bien touffue.
Là, j’ai regardé devant moi, me suis gratouillé le front et j’ai lancé avec autant de diplomatie que possible « Gépé, je sais que t’es super fortiche mais t’as pas pu te planter d’une borne ou deux ? Où alors la carte était pas bonne.
_ Impossible. Trop de détails concordants sur trop de cartes différentes. Jamais je me fie à une seule, même source sérieuse.
_ Mais ouvre tes yeux, on devrait au moins avoir des ruines. Pis, chui pas un expert en botanique mais dans un bled qui s’appelle Charbonnière les sapins, il me semble qu’il devrait y avoir des sapins. Au lieu de ça, on n’a que des boul… »
Là, il m’est revenu quelques souvenirs d’école et j’ai commencé à avoir un doute. A y bien regarder, ça ressemblait plus à un champ d’arbres bien ordonnés qu’à une forêt naturelle. Pis le bouleau, ça va vite à pousser. Un mètre en deux ans, je crois.
En plus, ça tombait quasi pile à l’endroit où le gosse à sa mémé avait rencontré la grosse bête, ça valait le coup de creuser.

Alors on est descendu dans le petit bois de bouleau. Le terrain était vraiment chiant : Des pentes bien raides, des souches pointues planquées sous les feuilles mortes de l’automne dernier, des buissons épineux, des bourbiers où on s’enfonce aux genoux… Merdaille quoi, à croire que c’était fait exprès. Justement ça l’était, on allait le comprendre.
Je me suis rendu compte que quelque chose collait pas quand je suis tombé sur un gros trou de cinq ou six mètres de profondeur pour quinze mètres de coté, genre une sorte de combe, un peu trop carrée, trop géométrique pour paraitre vraiment naturelle. Par curiosité, je suis descendu dedans et j’ai gratté la mousse et la terre sur les bords avec un bout de bois. Je retire comme ça peut être vingt centimètres de matière et… eurêka, des pierres rectangulaires empilées. En regardant bien, on voyait encore un reste de ciment.
« C’est toi le meilleur Gépé, pardon d’en avoir douté. Il y avait bien un village ici. »
Les deux autres se sont avancés au bord du trou, Tournik m’a demandé à quoi je voyais ça.
« Y a des murs de pierre tout autour du trou, ça devait être une cave. On a du raser la baraque ou piller les pierres va savoir, mais il reste les… »
J’ai pas fini ma phrase. On a tous été surpris par une sorte de rugissement énorme, un truc qui faisait penser moitié à un lion, moitié à un moteur de grosse machine. Du jamais entendu ! Les deux gnomes ont sauté se planquer dans le trou sans se consulter, pour un coup ils étaient d’accord.

On s’est regardé dans le blanc des yeux, pas fiers. J’ai saisi la pétoire au cas où, et je suis sorti du trou pour voir d’où ça venait. A cinq cent mètres en gros dans la direction du cri, un reflet de lumière indique un petit plan d’eau. J’approche à pas de loup. Au milieu du lac, un truc très long que j’avais d’abord pris pour un arbre ondule et se tortille malgré l’absence de vent. Tout en haut de ce truc, je peux pas me tromper : c’est une tête, genre tête de lézard.
La bête ouvre sa gueule. Deuxième cri. Je manque de peu me pisser dessus. Tant pis j’avance quand même, chui pas un pec qui croit aux sorcières, moi ! En m’approchant, je mesure la bête : peut être cinq ou six mètres de haut rien que pour la partie émergée et sa gueule doit faire la taille de mon torse. Vaut mieux pas que ça morde. Toute les dix secondes, je dois me répéter « Calmos Watson, c’est qu’un gros épouvantail mécanique. Ca peut pas être autre chose ! » Ca, mon cerveau logique en est certain, mais mon cerveau pas logique veut rien entendre. En tournant la tête au hasard, le regard de la bête croise le mien une fraction de seconde. Je serre les fesses… façon étau. On m’aurait mis des olives dans le cul à ce moment là, je faisais un litre d’huile. Pression à froid, c’est le cas de le dire.
Au bout d’une très, très longue seconde, je comprends que l’engin continue de tourner sa grosse tête comme s’il m’avait pas remarqué. Soit j’ai raison, soit il est bigleux, soit je suis insignifiant pour lui. Dans le doute, je m’approche encore en silence. Je suis prêt à détaler comme un lapin à la première alarme. Je cramponne à la pétoire comme un alpiniste à la corde et là…

Et là…

Et là, je vois ma Tourniquet qui gambade vers moi comme un cabri, sourire jusqu’aux oreilles et qui me sort comme ça « C’est normal que ta vouivre elle gueule comme le T-rex de jurassic parc ? »
Les bras m’en tombent. Pour un peu, même chevrotine me tomberait des mains.
« T’es sûre ?
_ Peux pas me planter, j’ai vu les cinq au moins dix fois chacun. Le premier cri, le gros « AHUUUUT » c’est dans le premier film, quand les barrières électrifiées tombent en panne et que le T-rex va vers les bagnoles. Et le « RAHEUUU » d’après, c’est Jurassic Parc 3D, le premier 3D de la série. »
J’ai qu’une très vague idée de ce qu’elle me raconte, mais c’est pas grave. La seule info importante, la voilà : on est juste devant un tas de boulons inoffensif qui balance des bruitages de nanards.

Un instant plus tard, on est tous les trois devant le petit lac. Artificiel, le petit lac : pour sa taille, il est étonnement profond et on remarque encore une ceinture de béton sur les bords. Tourniquet nous explique :
« Je crois que ça représente un élasmosaure… enfin, le cou d’un élasmosaure, en tout cas. On voit un peu le haut du corps par transparence dans l’eau, mais ils n’ont pas du bricoler le reste, vu qu’après c’est toujours immergé. »
L’engin, qui a terminé son petit show, s’est figé dans une position neutre, le cou bien vertical.
« Ca vient d’où, cette merde ? »
J’attendais pas vraiment de réponse, mais elle est arrivé quand même, de la bouche de GPS
« Probablement du Dino-zoo »
On se retourne, Tournic et moi, et on le dévisage. « C’est quoi ça, le Dino-zoo ? »
« C’est un genre de parc d’attractions qui a tourné de fin vingtième à début vingt deuxième. Ensuite, il disparaît sur les cartes. D’après les plans touristiques, c’était un parc à thème sur l’évolution, les dinosaures, les gros mammifères disparus et les premiers hominidés. Au début, c’était juste des statues mais vers la mi-vingt et unième avec le succès de Jurassic Parc 3D, ils ont pu investir dans les machineries. Après, mi-vingt deuxième sur mes cartes géopolitiques, la région apparaît comme territoire du front catholique. Facile d’imaginer ce qu’ils ont fait du parc. »

J’ai les bras ballants, les jambes molles, je passe par toutes les couleurs de l’arc en ciel et je finis par soupirer
« Mais bordel, pourquoi t’as pas dit ça plus tôt ? »
Et ce con définitif de me répondre avec le plus grand naturel
« Tu m’as pas demandé. »
Là, soit je l’étrangle, soit je prends des années-lumière de distance et je me dis qu’il y a des choses beaucoup plus graves sur terre. La guerre civile au pays Basque, les inondations en Normandie, la facture d’épicerie du mois prochain… Justement, si je veux la payer j’ai intérêt de me reconcentrer. Première observation : ce truc est entretenu. Ca veut dire qu’il sert à quelque chose, certainement à éloigner les grouillots superstitieux de quelque chose d’important. Bah on va trouver quoi.

Après la première rencontre, on avance encore dans un bois touffu, bossu et chiant, en croisant encore un T-rex par ci, un crocodile géant par là, plus où moins animé mais tous planqués pour mettre les chocottes. Je frôle encore l’arrêt cardiaque quand une tête de raptor sort d’un buisson en rugissant à vingt centimètres de ma gueule, et tourniquet derrière qui se marre comme une gamine à la ducasse ! Il doit juste lui manquer les churros et les pommes d’amour.

Au milieu du parc, on tombe sur un truc à l’air habité. C’est une grosse statue de la taille d’une maison, représentant un gros lézard quadrupède style dragon sans ailes, avec une corne sur le pif. Tournik m’apprend que c’est un iguanodon « à l’ancienne » tel qu’on se le représentait au dix neuvième siècle, très différent de l’image qu’il prendra plus tard. Il devait faire partie d’une expo sur l’histoire de la paléontologie. Ce qui m’intéresse surtout chez ce dino là, c’est qu’il a une échelle sur la patte, une porte sur l’épaule et des fenêtres sur le corps. Je jette un coup d’œil aux copains, une question muette pour la forme. Bien sûr, qu’on y va.
L’intérieur est plutôt coquet. Tout boisé style pub irlandais, propre, aéré, avec des plantes un peu partout, et un tableau d’un cheval au trop dans un décor de carte postale, accroché au mur. Au premier abord, je dirais que c’est la maison d’une femme ou jeune fille célibataire. Je demande à Tournik, qui s’amusait comme une conne avec un petit chat en peluche qui fait « miaaaaa » quand on appuie dessus, d’inspecter plutôt les placards pendant que je fais le tour. Elle me répond de loin « Alors on a des tisanes… des légumes secs genre lentilles, haricots… un gros bocal de fruit au sirop, du riz complet pour trois mois…. Oh putain d’merde !!!
_ Quoi, qu’est ce que c’est ?
_ Du chocolat ! Au moins trois kilos de plaques de chocolat. »

Ok, on est bien chez une gonzesse.
Tournik a les doigts qui tremblent, qu’on dirait une camée en manque. Je répète souvent aux collègues qu’une équipe n’a rien de plus précieux que sa réputation, et qu’il faut se tenir à carreaux. Autant la violence, c’est inadmissible dans certains endroits mais dans d’autres, c’est carrément le seul moyen de se faire respecter, autant le vol est mal vu partout. Là, tout ce que je peux faire c’est limiter les dégâts en lui disant « une seule plaque », avec un peu de chance elle se contentera d’un seul kilo.
Pendant ce temps là, GPS dont l’anxiété pathologique a aiguisé tous ses sens à l’extrême, nous signale qu’il a entendu un bruit au plancher, un truc à peine trop lourd pour un chat. A peine il a fini de dire ça qu’on entend les bruits de pas bien forts d’un humain, sûrement paniqué d’avoir été repéré. Sans escalier, j’ai pensé qu’il devait pas y avoir d’étage mais, en relevant le pif et en regardant bien, on aperçoit la légère découpure d’une trappe au plafond.
L’échelle doit être au dessus mais, à défaut, je grimpe sur une table et, ne sachant pas quoi faire d’autre, je fais toc-toc à la trappe. Là, une voix de femme… de fille même, nous gueule de prendre ce qu’on veut et de partir, en ajoutant qu’elle est armée et qu’on l’aura pas vivante. J’essaierais bien de lui dire qu’on n’est pas des méchants, mais les apparences jouent un peu contre nous. C’est vrai qu’on s’est invité sans prévenir. C’est vrai qu’on est armé, moi en tout cas. C’est vrai qu’on a fouillé dans ses armoires et qu’au moment où j’en parle, Tournik a la bouche toute marron de chocolat. Je tente quand même d’ouvrir le dialogue mais, quand elle me répond « casses toi, enculé de goréen », je comprends que le malentendu est pire que je croyais, d’autant qu’elle répète qu’elle est armée et qu’elle a deux pruneaux : un pour le premier qui passera sa gueule, un pour elle-même. Si elle est vraiment armée, on ne peut pas monter, ni sortir sous peine d’être tiré comme des lapins. Auquel cas, je me demande d’ailleurs pourquoi elle a pas tiré quand elle nous a vu venir. Je la soupçonne de bluffer mais dans le doute, je m’abstiens.
Il me vient d’un coup une idée géniale, comme quoi ça m’arrive aussi. Je demande à gépé de mener la négociation à ma place. Il dit n’importe quoi, il lui raconte sa vie, son œuvre et ses cartes… peu importe. Elle entend sa voix d’écureuil, elle se dit qu’on n’est peut être pas des goréens. Au bout de dix minutes, elle veut bien le laisser monter mains en l’air. Gépé monte. Il la trouve désarmée. Elle le trouve désarmant. Elle se dit qu’on n’est sûrement pas des goréens. Gagné !

Cinq minutes plus tard, on est tous assis à table devant une tasse de thé à la menthe avec une pincée de sucre… sauf Tournik qui a pris une tasse de sucre avec une pincée de thé à la menthe. La gueule du combustible dans le feu de cheminée m’interpellait un peu.
« C’est du charbon, ce truc là ?
_ De la bouse. »
On arque tous un peu les sourcils
« Mais… c’est pas sensé puer, genre ?
_ Ca pue quand c’est humide à cause des bactéries qui la travaillent. Séché, c’est juste de la cellulose. On peut aussi s’en servir pour isoler les maisons. »
Mouais, bon, passe encore pour une bouilloire ou une marmite mais perso, je grillerais pas mes steaks dessus. Je me tais pour éviter le couplet du « ciel, un mangeur de viande ! »

La petite rouquine… oui, parce qu’elle est petite et rouquine, et pas mal foutue avec ça, nous apprend qu’elle descend de la famille des anciens proprios du parc. Les gars du front catholique ont pas été tout à fait des enfoirés, puisqu’ils leur ont permis de rester sur place à cultiver leur petit lopin de terre, en échange d’un peu d’entretien sur les machines à faire peur qui tiennent les bouseux à l’écart. Au lieu de détruire les encyclopédies, les fossiles et les disques durs bourrés d’informations, ils ont préféré tout entreposer dans les sous sols, hors de portée des esprits influençables. Ils espéraient qu’à force de tripoter leurs évangiles, ils finiraient par trouver une explication chrétienne à tout ça, un peu comme avec la physique d’Aristote.
Le jus vient d’une centrale hydroélectrique située un peu plus haut. Le front catho offrait l’électricité gratuite à la famille, puisqu’ils en avaient besoin pour les épouvantails. Est-ce qu’ils continuent de payer ? Est-ce qu’ils ont payé quelques décennies d’avance avant de partir ? Est-ce que la consommation est tellement dérisoire avec le peu d’intrus qui passent qu’elle est passée inaperçue jusque là ? Mystère, en tout cas personne n’avait encore coupé.
« Je ne peux pas grand-chose pour vous. Les ordinateurs, les livres, les plans des machines… tout est resté en bas, scellé par une porte de béton armé avec un code d’entrée que je ne connais pas. C’est mon oncle qui l’a changé en dernier quand le front catholique est parti. Il a cherché un code que ni eux, ni les hommes du projet terre, ni les goréens ou aucune bande connue ne risquerait de trouver. Il était sensé me donner le code à mes dix huit ans mais il s’est tué avant. Il s’est cassé le cou en tombant d’un arbre qu’il émondait… »
Au moins, si le tonton a pu changer le code c’est qu’il a réussi à craquer celui des cathos. Tournik pourra peut être en faire autant. J’espère ! Je me vois mal attaquer du béton armé à la pioche, et j’ai pas pensé à prendre de la médecine qui fait boum.
« Pour pas vous en être occupé depuis le temps, j’imagine que vous vous en foutez, de ce sous sol. Ca vous dérangera it qu’on aille y faire un tour et qu’on emporte deux trois souvenirs ? Pas gratuitement, bien sûr.
_ Oui, je m’en fiche. Les dinosaures, ça fait rêver, mais pas pousser les carottes. Pour ce qui est du prix, je donnerais bien ma culotte pour une arme en état de marche. »
Merde. Avec le disque dur de tournik, c’est le seul truc que je voulais pas lui donner. Faut dire, c’est aussi la seule chose vraiment précieuse que je puisse troquer, en particulier à une femme seule. Tant pis, on n’a pas fait tout ça pour repartir les mains dans les poches. Espérons seulement qu’on n’aura pas de loups sur le retour.
« C’est bon, j’achète. Mais seulement si on arrive à ouvrir la porte. »

Dix minutes plus tard, on entre dans un bâtiment dont la vitrine métallique à la peinture décape depuis quelques décennies porte encore gravée une inscription à peine lisible : « Dino-croc » C’était la petite cafétéria du parc, reconvertie en ferraillerie. A l’intérieur, on ouvre une porte du couloir menant à un escalier en ciment, lequel descend dans le noir jusqu’à la porte en béton qui bloque la descente. Ils ont pensé à tout, les mecs, manœuvrer un marteau piqueur là dedans serait une vraie tuerie.
Planté à même la porte, un écran qui me fait penser aux vieux distributeurs automatique des banques, mais avec un clavier d’ordinateur complet. La rouquine appuie sur l’alim et l’écran s’allume, affichant un fond d’écran bleu et en lettre rouge « Salut Nanou, appuie entrée »
Je grogne « C’est quoi, Nanou ? »
Elle me répond que c’est son diminutif de quand elle était gosse : Annabelle, Nanou. Bah, c’est mignon… J’appuie entrée, et là l’écran affiche « la liberté » avec un point d’interrogation et cinq cases à remplir. Je suis pas bien doué pour les mots croisés mais quand on me demande la liberté avec un mot de cinq lettres, je pense tout de suite à celui de Cambronne. Ca se tient, la première liberté ce serait la liberté de dire merde.
M. E. R. D. E. Entrée….
Mauvaise pioche. C’était trop simple.
« Ca vous dit quoi vous, la liberté en cinq lettres ? »
On se triture un peu tous les neurones, mais je vois que Tournik a déjà une idée.
« Dis voir, seulement cinq lettres ou cinq caractères y compris les chiffres et le reste ? »
Pas bête, ça. « Cinq caractères, j’crois. T’as une idée ? »
Préférant le geste à la parole, elle se plante devant la bécane et tape avec une lenteur plutôt théâtrale : 2 + 2 = 4, entrée.
L’écran affiche « bienvenue Nanou » et la serrure claque un coup, c’est gagné.
« Tadaaaaaaam ! C’est dans 1984 chapitre sept : La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Quand cela est accordé, le reste suit. Evidemment, c’est pas des militants d’un bord ou d’un autre qui auraient trouvé, bravo le tonton ! »


Vous voyez Fernandel dans Ali Baba, quand il arrive dans la grotte bourrée de trésors ? On avait un peu la même gueule en entrant. Il y avait cinq grosses unités centrales sans écrans ni claviers qui devaient dater entre 1995 et 2050, HS pour la plupart mais dont le disque dur avait l’air bien conservé. On a trouvé aussi des disquettes, encore plus anciennes et des clés USB assez modernes, mais malheureusement foutues depuis longtemps. C’est ça le problème avec l’informatique : plus c’est récent, plus c’est performant, moins c’est solide. Tournik a sorti sa pilleuse de sa pochette cuir : une merveille d’adaptabilité made in Tournik avec des ports et des lecteurs de partout pour digérer tous les médias connus : disquette, CD, DVD, blue ray, red ray, USB, ABT, disque dur externe, interne...
Bien sûr comme toujours, la moitié de ce qu’on a trouvé était foutu depuis des années, mais il restait des trucs sympas. On a vite passé sur la collection de vidéos coquines du tonton : des vieux films numérique début vingt et unième ; L’époque où internet marchait encore et où on trouvait du porno gratos sans même le chercher. A coté de ça, un ficher « cambrien-précambrien » avait tenu le choc. Ca se revend. Plus important : on a trouvé les plans des machineries, ça pourrait intéresser des clients plus sérieux.
« Eh Watson, mate ça c’est du lourd ! »
Je mate, je mate… Il s’agit d’un courrier début vingt deuxième, à propos de la pénurie de plastique. Un technicos qui écrit comment on pourrait remplacer le plastique dans la fabrication des petites pièces comme les yeux ou les griffes, par un truc qui s’appelle la galalithe. Jamais entendu ce nom là. On se tourne vers Nanou pour lui demander ce que c’est.
« La galalithe ? Ben c’est une matière qu’on fabrique à partir du lait perdu. Ca remplace le plastique, et ça se travaille à peu près pareil. On peut faire des jouets, des boutons, des montures de lunettes… Ben qu’est ce qu’y a ? »

On a changé de couleurs là, tous en cœur. On se regarde les uns les autres dans le blanc des yeux. Finalement pour pas laisser un trop gros silence, je demande :
« On peut vraiment tout faire avec ça ? Tout ce qu’on fait avec du plastique ? »
_ Ben plutôt des petites pièces en fait parce que ça se taille, ça se moule pas. Mais oui, en gros, on peut tout faire. »
Je crains l’arnaque
« Et… faut beaucoup de matériel pour en faire ?
_ Pfffff… du lait, du vinaigre, un torchon et un four. Bon, beaucoup de lait c’est vrai, un litre pour trente gramme. C’est pour ça qu’on utilise le lait tourné ou celui des bêtes malades, pour pas gâcher.
_ Mais putain, pourquoi c’est pas plus connu, un truc si simple ?
_ Ben fin vingtième il y a eu la mode du plastique. Plus simple pour la grosse industrie et à l’époque, moins cher. »
On s’est re-regardé dans le blanc des yeux et on a compris qu’on aurait de quoi payer le gaz le mois prochain. Et le mois suivant. Et encore un ou deux mois plus tard.


Je passe vite fait sur la curée. Tout ce qu’on a pu sortir des ordinateurs est stocké quelque part bien à l’abri dans les six cent cinquante giga de la pilleuse, avec un petit cadeau en prime : le secret d’un polymère quasi oublié depuis plus de deux siècles pour la raison farfelue que le plastique a été moins cher une cinquantaine d’années à peine.
Comme promis, j’ai refilé ma pétoire à Nanou mais elle retrouvera les balles dans la gueule d’un de ses Raptors mécaniques quand on sera à une demi-borne d’elle. C’est pas que j’ai pas confiance en elle, mais j’ai confiance en personne. Bonne pâte, elle nous a donné pour une semaine de riz complet et de haricots secs pour la route.
« Ca va vous faire du bien à vous ! » qu’elle me lance à la sortie. « Sept jours au riz complet, vous allez nous perdre une ou deux tailles de pantalon. »
« Ca ? » que je répond en tapotant ma brioche. « En fait c’est pas du gras, c’est de la flotte. J’ai une insuffisance rénale, alors j’accumule de l’eau. Je passe assez régulièrement sur le billard, à cause de ça. Bon, c’est pas grave grave, mais l’espérance de vie en prend un coup quand même. »
Je la vois blanchir, baisser les yeux, ouvrir la bouche pour bredouiller des excuses…
« Nan j’rigole ! J’adore la bouffe, c’est tout ! »
Chui vraiment trop con, des fois.


Dernière édition par cyrolin le Ven 7 Oct 2011 - 18:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Ven 7 Oct 2011 - 13:28

C'est un peu long pour lire ça en blanc sur noir.
Tu me diras, j'ai qu'à faire un copier coller !
Mais si chaque lecteur fait un copier coller, ça demande au total beaucoup plus d'efforts que si l'auteur le fait une fois pour toute.
A bon entendeur...
A+!
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Ven 7 Oct 2011 - 13:34

Désolé, chui un gros primitif. Pourtant, j'ai déja fait un pdf une fois mais y a pas, la technique et moi c'est le divorce beatprick

Je tâcherais quand même de m'en occuper ce soir

EDIT: C'est fait, et même qu'en fait c'était pas dur
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Didier Fédou
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Ven 14 Oct 2011 - 18:35

Hé hé, c'est excellent tout ça, me suis bien marré (mon cul, j'ai plus d'oeil...)

Deux trois fautes par-çi par-là, mais sinon, perso, rien à redire. J'apprécie le ton et le style, c'est vivant, c'est bon. J'achète.
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Sam 15 Oct 2011 - 13:07

"Je peux me balader à cheval avec lui dans une ville où il a jamais mit les pieds, juste vu sur une carte."
=> La phrase est mal foutue: "où il a jamais mis les pieds" et "juste vu sur une carte" sont des subordonnées de "ville", mais elles ont pas le même relatif. On dit pas "une ville où il a juste vu sur une carte". Mais je suis d'accord qu'ajouter "qu'il a" est lourd. Donc je sais pas, tourne autrement ou supprime l'une ou l'autre.

Bon y a quelques autres trucs que j'aurais pu relever mais j'ai lu le texte hier soir, je les ai un peu oubliés.


Globalement c'est assez fun, je me suis bien marrée (certaines phrases sont cultes et le coup du "nous avons des règles ! – Ben faut mettre un Tampax." est ééénooorme!). Le problème de ce texte, c'est que vers la fin (disons les 5 derniers paragraphes, si on considère qu'un paragraphe = un paquet de lignes séparé d'un autre paquet de lignes par un saut de ligne, sinon c'est galère) on quitte ce côté fun, c'est plus... sérieux.
Et finalement j'ai pas compris le but de la nouvelle. D'ailleurs, est-ce que c'est une nouvelle ou un extrait d'un truc plus gros? Si c'est qu'une nouvelle c'est problématique, parce que j'ai vraiment eu l'impression que c'était qu'un extrait: le monde décrit est encore assez flou, la recherche de mémoires informatiques ne mène à rien d'extraordinaire (ils vont juste avoir de l'argent un peu plus longtemps que d'habitude), on voit pas trop ce qu'on en a à faire d'un machin qui remplace le plastique et puis on se dit un peu "Tout ça pour ça?" Mais si c'est un extrait, alors ça pose moins de problèmes: le monde sera plus décrit, l'histoire de la galalithe va sûrement emporter les persos dans une aventure, on va rencontrer les autres persos dont Watson nous parle au début, etc.
En fait je suis un peu embêtée parce que pas mal de questions nous viennent à l'esprit et t'y réponds pas: pourquoi les gens mangent pas de viande? pourquoi ça fait cent ans que le pays est revenu au Moyen Âge? ça veut dire que les autres pays continuent de fonctionner normalement? à qui ils revendent les disques durs et autres trucs informatiques? pourquoi? etc. Ce qui me conduit à penser que c'est plus un extrait qu'une nouvelle.

Bref. Sinon j'aime beaucoup la narration; c'est marrant parce qu'on pourrait carrément faire une analyse stylistique (vocabulaire, syntaxe, etc.). Et certaines phrases font mouche, par exemple "Il la trouve désarmée. Elle le trouve désarmant." C'est excellent.

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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Sam 15 Oct 2011 - 17:27

Un gros gros merci pour vos commentaires, ça me va droit au coeur

Effectivement, c'est pas vraiment une nouvelle, ni non plus un extrait. Disons que c'est un épisode, je bosse d'ailleurs déja sur le suivant.
En écriture, je suis encore adolescent: versatile, impulsif, brouillon... mon objectif à long terme, c'est de faire du roman mais je suis encore loin d'avoir la constance et la maturité technique nécessaire pour écrire quelque chose de vraiment long qui tienne debout de A à Z. Le compromis que j'ai trouvé, c'est d'écrire des histoires courtes en série, un peu comme Howards avec Conan. La première histoire du premier livre sur Conan, on voit Conan adolescent poursuivi par une meute de loups qui se réfugie dans une caverne. Si ma mémoire est bonne, il dérouille un mort vivant et, pour finir, il trouve une zolie népée. Fin. Petit à petit, Howards gagne en maturité, les histoires se font plus longues et plus intéressantes et l'universe se précise. J'espère que ça fera pareil pour moi.


Le truc, c'est que je suis surtout un rôliste. En tout cas, je l'ai surtout été jusqu'à maintenant, et j'en ai les qualités et défauts. Mes points forts, je crois que c'est l'inventions de personnages et de contextes intéressants. Je me démerde bien aussi en interprétation et, du coup, en narration à la première personne. Par contre, je suis un très très mauvais scénariste et je me prend la tête pendant des jours à me demander "et maintenant, qu'est ce qui va se passer?" pour en arriver des fois, comme ici, à un scénar basique de type "porte-monstre-trésor". Tu l'as remarqué, ma mise en page est à chier, elle aussi. Simplement parce qu'un jeu de rôle c'est soit de l'oral, soit du j'écris un p"tit bout, t'écris un p'tit bout.
Tout ça j'espère (et je suis même sûr, y a pas de raison!!) que ça viendra avec la pratique.
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Sam 15 Oct 2011 - 18:20

Marrant, mais j'ai senti la formule Howard, les épisodes. On sentait bien aussi que l'histoire fait partie d'un monde plus vaste, j'attends la suite avec impatience.

Sinon, à y réflechir, je viens de penser à un truc. La galalithe, j'en avais entendu parler, et je me demande si c'est bien une découverte. Le monde décrit est bati sur les ruines de l'ancien, il ne reste plus de plastique dans les ruines ? S'ils trouvent des ordis, il y a forcément du plastique, ça se fond, ça se moule, ça se taille aussi, ça se recycle. La galalithe, tout le monde l'a laissée tomber quand on a inventé le plastoc tellement c'était pas pratique. C'est difficile de croire que personne ne la connaissait, que le procédé de sa fabrication ait été perdu, et que personne ne soit foutu de faire fondre un bout de plastique.
Bref, je chipote. Ca enlève rien au plaisir de la lecture, c'est le plus important.

La suite !!!!!
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Mar 18 Oct 2011 - 15:36

Fort sympathique.
Je ne vais pas me lancer dans une analyse détaillée, d'ailleurs tu t'auto-analyses très bien toi-même. Il y a quelques coquilles mais vu le style, ce n'est pas bien grave.
Je me suis bien amusé aussi. Quel humour et quel sens de la formule ! Bravo ! J'ai appris des trucs, j'ai été admiratif sur le côté "science" fiction. On sent que tu n'as pas improvisé tout ça. Donc un texte très riche.
Je me suis interrogé sur ce que pourrait donner ce ton sur la longueur. Je pense que ça pourrait devenir un peu fatigant et du coup je trouve que c'est bien que la deuxième partie sonne (un peu) plus sérieux.
Un très bon moment donc.
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Mar 18 Oct 2011 - 19:37

Comme tous les avis précédent j'ai trouvé ça super sympa.
Une bonne ambiance, on prend du plaisir à lire.
J'adhère à ton épisode et j'attend le prochain!!!
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Sam 19 Nov 2011 - 14:13

Depuis le temps que je comptais la lire, j'ai profité d'un voyage en train pour m'y mettre ^^

Excellent je trouve! L'univers post-apo un peu flou est prenant, c'est un de mes genres préférés. Y'a des fautes mais c'est pas bien grave. Ce qui me plait le plus c'est les personnages: ils sont vraiment hyper détaillés et variés, surtout le heros (grossier et sarcastique, c'est fun ^^). Dois-je y reconnaitre ton équipe de PJ? Very Happy
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Sam 19 Nov 2011 - 20:11

Malheureusement non, on a jamais trop fait de post apo. Plutôt de la fantasy burlesque (en fait, de la fantasy sérieuse à la base qui devenait toujours burlesque) et du vampire la mascarade, jeu sérieux et daaaaaark par excellence mais qui subissait le même sort. On a aussi fait les débiles sur des jeux débiles, mais c'est moins drôle. Mr.Red
Sarcastique Watson? Ben, c'est monsieur berret litron camembert, le gaulois de base à qui on la fait pas. C'est un type de personnage que j'adore.L'antithèse de la bande de fous géniaux à qui il sert de babysitter, d'où son surnom. GPS, c'est le syndrôme d'Asperger par excellence et Tournik est inspiré assez librement de la série Hello Geekette.

Pour l'instant, j'ai fait une pause dans l'épisode 2 pour écrire une petite nouvelle sans prétention qui me tenait à coeur, ça s'appelle "good bye Marie" et ça vole pas haut pig
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Sam 19 Nov 2011 - 21:18

Tiens, je lirai ça demain. C'est le reugen de ketru qui peu me reuplai.
J'ai lu à la volée certains passages et ça peut être leucoo.

_________________
Plus les hommes seront éclairés, et plus ils seront libres.
Voltaire

Et garde-toi des bons et des justes ! Ils aiment à crucifier ceux qui s'inventent leur propre vertu. Ils haïssent le solitaire.
Friedrich Nietzsche

Nihilisme : nous nous vengeons de la vie en lui opposant la fantasmagorie d'une vie "autre" et "meilleure" .
Friedrich Nietzsche
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Mar 10 Jan 2012 - 21:12

Bonjour,

J'ai suivi les conseils de Miss witch et je suis pas déçu ! Tu as un adepte, j'ai adoré ton histoire. Et frustré par la fin, que je n'ai pas vu venir. C'est un des bémols de ton texte. Il n'y a pas de fin. Je dirais même que ça frôle le sadisme. Quelques fautes mineures déjà mentionnées.
L'autre bémol, pour moi, ce sont tes appartées. Je trouve qu'Il y a juste ce qu'il faut de partie prit dans la narration et ces parenthèses coupent la relation que l'on a avec le personnage.

La suite !
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Mer 11 Jan 2012 - 15:12

Salamandre a écrit:
J'ai suivi les conseils de Miss witch
Hein? J'ai donné des conseils, moi? oops
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MessageSujet: Re: La bande à Watson   Mer 11 Jan 2012 - 16:47

[quote="miss witch]J'ai bien aimé, mais je me suis pas autant marrée qu'avec La Bande à Watson[/quote]

Extrait de ton commentaire sur le texte "Bye bye Mary".
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