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 métaphysique de la viande - roman

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konsstrukt
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Jeu 5 Avr 2012 - 8:32

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - DIX-SEPTIEME EPISODE

Vers 21 heures 30 le chauffeur est remonté dans son camion. Il y avait une couronne de mégots à ses pieds. Les quatre costauds sont retournés dans leur box, ont refermé, le camion a foutu le camp. D’après mes calculs la moitié des boites avait été remplie. J’avais dans l’idée que quelqu’un débarquerait bientôt pour la suite des opérations. Il fallait bien faire quelque chose de toutes ces boites, pleines ou vides, et de toute façon j’en avais marre de la filature.
J’ai pris une chambre. J’y dormais quelques heures dans la journée, je me lavais, je mangeais, je passais mes nuits dans la voiture à attendre. Il y avait beaucoup d’activité et de passage, personne ne calculait ma présence. Il y avait aussi de plus en plus de moustiques, j’étais couvert de boutons. Toute cette histoire tournait dans ma tête mais je ne m’étonnais plus de rien, je tenais la terreur à l’écart en me focalisant sur ce que j’avais à faire. Les types sans visage, le transport et stockage de cadavres, les mannequins en métal qui répliquent les humains, les chauffeurs à la force surhumaine, les mecs qui vivent dans des boxes sans manger ni boire ni sortir, ça me faisait plus ni chaud ni froid, on s’habitue à tout ou alors mes nerfs avaient lâché. Je parlais à personne d’autre que moi, j’avais aucun moyen de savoir si je devenais dingue ou blindé ou les deux. Je pensais de plus en plus à Myriam. Je lui expliquais dans ma tête.
La troisième nuit il y a eu une nouvelle livraison. Toutes les boites ont été remplies. J’ai décidé de rester encore, je voulais savoir ce qui allait se passer ensuite. J’ai mis au propre mes notes. J’ai téléphoné à Owzarek pour lui faire un rapport et lui demander du fric. Ca m’a fait drôle de discuter avec un être humain après ces jours et ces nuits seul dans le merdier. Il était horrifié et avait du mal à croire à mes salades. J’étais pareil que lui.

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http://metaphysiquedelaviande.blogspot.fr/2012/04/dix-septieme-episode.html
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Jeu 12 Avr 2012 - 9:03

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - DIX-HUITIEME EPISODE



6



J'avais réussi à emporter avec moi deux sacs, un qui contenait vingt kilos de boites de conserves, l'autre trente litres d'eau. De quoi tenir trois semaines. Les dockers qui m'avaient aidé à embarquer à bord du Pharaon Noir m'avaient coûté mes derniers sous. Me tuyauter, charger mon matériel avant que je prenne place à bord, fermer leur gueule. En me serrant la ceinture les sacs pourraient durer un mois, mais à cause de la chaleur rationner l’eau serait difficile. J’étais dans un réduit de six mètres carrés. Deux parois occupées par des placards fermés à clés, une par la porte, la dernière était nue et il en émanait une chaleur intenable. Il y avait de petites araignées rouges et translucides un peu partout, je ne comprenais pas d’où elles venaient ni de quoi elles se nourrissaient, mais pas une seule ne s’approchait de cette paroi. Pas de fenêtre ni d’éclairage électrique. C’était un local technique qui ne servait à l’équipage qu’en cas de grave pépin mécanique, c’est en tout cas ce qu’affirmaient les dockers. A cause de cette foutue paroi brûlante, Dieu sait ce qui se trouvait derrière, la température atteignait jour et nuit les trente-cinq. J’ai passé quelques nuits à étouffer dans le noir, et puis je me suis habitué. Au début je pensais qu’un peu de lumière filtrerait sous la porte, mais quelle lumière ? Il n’y avait aucune source, nulle part. L’éclairage du navire était réduit au minimum. La lune insuffisante. Il n’y avait rien que le noir et la chaleur. Le noir et la chaleur qui m’étouffaient, et si ça ne suffisait pas, la conscience que j’étais entouré d’un million de cadavres dévorés par les vers, pourrissants.


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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Ven 20 Avr 2012 - 21:45

METAPHYISIQUE DE LA VIANDE - DIX-NEUVIEME EPISODE

Les Renault Master, Peugeot Boxer et Peugeot J5 de la Police Nationale et des CRS étaient arrivé à cinq heures quarante-cinq du matin. Ils s’étaient garé en partie dans la rue Adolphe Thiers et en partie dans la rue Jules Moch. Les deux rues, parallèles, étaient reliées notamment par la rue Barbieri où se trouvait le squat. Son accès était bloqué depuis l’arrivée des forces de l’ordre. A cette heure-ci le quartier était silencieux. Entre cinq heures quarante-cinq et six heures quinze, il passa deux voitures, qui ralentirent et dont les conducteurs observèrent le déploiement avec peu d’intérêt. Quelques fenêtres s’allumèrent aux immeubles. On écouta peut-être France-Inter, ou peut-être RTL, ou peut-être rien du tout. Entre un lampadaire et un panneau de signalisation, une araignée acheva de tisser sa toile. En attendant les ordres, policiers et CRS avaient discuté et bu du café gardé bien chaud dans des thermos qui circulaient de mains en mains. Quelqu’un avait apporté un petit poste et mis Rire et Chansons. Gardiens de la paix et brigadiers souriaient de satisfaction en avalant le liquide fumant. A six heures quinze le brigadier-chef reçut l’ordre. Les lampadaires venaient de s’éteindre. Le ciel devenait de moins en moins noir, de plus en plus gris, à l’est des reflets roses et oranges donnaient du relief aux nuages, mais personne ne s’en aperçut.

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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Ven 27 Avr 2012 - 15:42

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - VINGTIEME EPISODE

2

A dix-sept ans Ombric écrivit sans jamais recevoir de réponse une centaine de lettres d’amour à une fille de sa classe. Un jour elle lui donna rendez-vous, il vint, elle lui annonça qu’elle voulait qu’il cesse de la harceler. Il adressa à ses amis une correspondance confuse où il parlait de désarroi et de la marche du monde et distribua les disques et les livres qui comptaient pour lui comme s’il allait mourir bientôt. Il fugua. Une nuit il rencontra sur le pont Saint-Pierre à Toulouse quatre Noirs qui lui demandèrent s’il connaissait des endroits où faire la fête, lui prirent son portefeuille, le rouèrent de coups et le balancèrent dans la Garonne. Dans l’eau glacée il ne mourut pas. Il nagea jusqu’à la berge aidé par le courant et resta là pendant trois heures à grelotter inconscient. Des insectes lui grimpèrent dessus, entrèrent dans sa bouche comme s’il était mort. Des employés de la voirie l’aperçurent. Il appelèrent le SAMU, qui le conduisit aux urgences. L’hôpital prévint la gendarmerie. Ses parents furent avertis. Cinq heures après son réveil il brisa un verre en le jetant au sol et entreprit avec le plus gros tesson de se déchirer les artères radiales et cubitales en tailladant la chair du bras de bas en haut comme un sagouin. Une infirmière l’interrompit. Il l’aspergea de sang et lui coupa le nez et la joue. On le transféra en psychiatrie. L’infirmière passa un test de dépistage du VIH qui fut négatif et subit de la chirurgie plastique. Il resta quatre mois chez les dingues. Il eut des relations sexuelles avec un dépressif de quarante ans qui le fournissait en shit et avec une schizophrène de seize qui se faisait appeler Alfred Hitchcock.

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http://metaphysiquedelaviande.blogspot.fr/2012/04/vingtieme-episode.html
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Jeu 3 Mai 2012 - 8:44

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - VINGT-ET-UNIEME EPISODE

5

Ils dormaient dans l’ancienne chambre d’Ombric, au dernier étage du squat, parmi les bouteilles vides et les bougies consumées. Certaines brûlaient encore et leur odeur s’ajoutait au reste, sueur, alcool, viande sale. Des flaques plus fraîches avaient remplacé la vieille tâche de vomi, sèche depuis le temps. La pluie avait gorgé le carton et inondé son contenu, tout avait moisi ; les cassettes étaient foutues. Un papillon de nuit voletait autour d’une des flammes. L’ombre des ailes passait sur les murs comme des vagues. Il approcha trop, grésilla, mourrut.
Il y eut un ronflement. Ombric se réveilla. Il regarda autour de lui. La lumière vacillante et jaune donnait un aspect rassurant aux choses. Il attrapa une Jenlain et la retourna pour en boire le fond éventé. Un mégot détrempé se colla à ses lèvres. Il le cracha, reposa la bouteille, s’essuya la bouche. Il s’aida d’un mur pour se relever. Un frisson l’ébranla. Il s’ébroua, palit, s’immobilisa, se pencha, ne vomit pas, reprit des couleurs, se redressa. Il fit venir de la salive à son palais, l’avala. Il se gratta avec vigueur à travers ses vêtements. Il empoigna sa caméra. Il visa l’oreille encroûtée de sang de Lepoult, recula pour cadrer le visage, ne filma pas. L’appareil contenait une cassette neuve.
Il sortit du sac de Momo un rouleau de ruban adhésif noir et une lampe-torche. Il la fixa à la caméra. Il quitta la chambre. Il explora, éclaira, filma. De vieilles gouttes de sang pareilles à des tâches de rouille sur le ciment, une Bat-moto pilotée par un Batman sans tête ni main, une robe de mariée moisie, des éclats de CD, des merde de rats, une merde humaine, une récente flaque de pisse, des bouteilles vides opaques de poussière alignées sur une commode sans tiroir, une toile d’araignée figée dans sa poussière et l’araignée sèche comme une crotte de souris. L’éclairage frontal de la lampe-torche applatissait et aliénait les choses.

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http://metaphysiquedelaviande.blogspot.fr/2012/05/vingt-et-unieme-episode.html
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Jeu 10 Mai 2012 - 10:21

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE, VINGT-DEUXIEME EPISODE

7

Ombric nettoyait le van. Il fumait une cigarette. Un vent frais et chargé de sel venait de la mer. Chloé le rejoignit. Elle fumait un pétard.
–– Gulcan veut te voir.
–– OK.
–– Il est dans la grande chambre.
Il hocha la tête et laissa tomber l’éponge par terre. Il traversa le parc envahi de moucherons jusqu’à la villa. Il traversa le salon. Melissa se préparait une ligne de coke. La télé était allumée. A l’étage il y avait trois chambres. Dans la plus grande se trouvaient Gulcan et Louise et des projecteurs qui les éclairaient vivement. Gulcan était allongé sur le lit. Il se leva quand Ombric entra. Louise se déshabillait. Elle continua. Planqué quelque part un grillon stridulait.
–– Le matos est en bas. Commencez. C’est juste essai, on s’en branle. OK ?
Ombric a souri tristement. Louise était menue. Elle avait la peau mate, de petits seins, une chatte lisse, des hanches étroites, des articulations fines, une figure enfantine, des piercings et des tatouages un peu partout, surtout une rose sur le ventre dont les racines s’étendaient jusqu’à la chatte. Elle sentait l’herbe et la transpiration. Ombric s’est dessapé. Malgré les douches prises les jours précédents il puait encore la crasse. Louise eut un air dégoûté.

lire la suite : http://metaphysiquedelaviande.blogspot.fr/2012/05/vingt-deuxieme-episode.html
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Jeu 17 Mai 2012 - 7:49

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - VINGT-TROISIEME EPISODE

SEPTIEME PARTIE

(Suite du blog de Claude Zecke)

1

Il y a les trucs dont je suis fier et les trucs dont je suis pas fier.
Mon pire souvenir c’est quand j’ai tout perdu, quand je suis allé en prison. Toutes mes affaires étaient chez ma mère et puis ma mère est morte entretemps. J’ai été averti trop tard. Mon frère a tout récupéré, tout a été vendu ou jeté, et aussi ma collection d’articles. J’avais collé dans un classeur les articles qui parlaient de moi, après la mort de Bourdon, les photos et les comptes-rendus d’audience. La presse en avait pas mal parlé. J’avais une douzaine d’articles assez long et quelques entrefilets. Mon frère a foutu tout ça en l’air, je l’ai su plus tard, quand je suis sorti, et que je n’avais plus rien.
Il y a les filles que j’ai violées, aussi. Il n’y en a pas eu beaucoup. Il y en a eu seulement trois et puis ensuite j’ai changé, je n’ai plus violé que dans ma tête.
Pascal se demandait ce qu’il y a dans le vide qui peut nous faire peur et maintenant je connais la réponse. C’est nous-même. La confrontation sans distraction, sans échappatoire, avec nous-même. C’est sans doute ça le fameux jugement dernier. Ce moment très bref où on passe de la vie à la mort, où on quitte l’univers, ou le monde s’en va sans nous et pendant un instant il ne reste que nous. Qu’il y a-t-il d’autre à faire, à ce moment-là, que s’observer ? Et à mon avis la complaisance ne doit pas être la réaction la plus commune. On doit être sans doute notre juge le plus sévère. Je n’ai pas hâte d’expérimenter ce moment, et pourtant je suis impatient de mourir. Je n’ai pas hâte de ce jugement dernier. Je suis pressé d’arriver dans l’oubli.

cliquer ici pour lire la suite :
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Jeu 24 Mai 2012 - 11:40

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE, AVANT-DERNIER EPISODE

3

A la fin de la nuit c’était toujours aussi chaud et humide. La pluie avait cessé mais ça faisait aucune différence, je dégoulinais pareil. J’étais épuisé à ne rien faire. Par ce climat, juste mettre un pas devant l’autre ou simplement respirer, ça vous pompe toute votre énergie. En plus moi je manquais de repos et j’avais rien bouffé depuis la veille. J’étais en planque à côté d’une boutique où on pouvait acheter des bijoux en plastoque, des DVD piratés et des portes-bonheur, j’attendais que le vieux se décide enfin à fermer. J’avais choisi celle-là sans raison particulière, à part que le quartier avait l’air pas trop fréquenté ni trop surveillé par les flics. J’avais aucune idée de l’endroit où je me trouvais. Je m’étais simplement trainé toute la nuit d’un quartier à l’autre à la recherche de l’inspiration et j’étais arrivé là. Il me semble que le fameux marché flottant était pas loin, ça me faisait une belle jambe. Je me suis un peu réveillé quand le vieux a éteint toutes ses lumières. Le ciel commençait à devenir gris. Je me suis dégourdi les membres, j’étais enkilosé, les mauvaises courbatures des nuits blanches. Quand il est enfin sorti pour baisser son rideau de fer je me suis mis en route et les premiers rayons de soleil ont fait étinceler les sommets des buildings du quartier d’affaire, on se serait cru dans un film. Il s’est passé deux ou trois secondes le temps que j’arrive à sa hauteur, deux ou trois secondes pendant lesquelles j’ai gambergé alors que je voulais rester concentré mais c’était plus fort que moi. Flic, taulard, privé à la manque et maintenant braqueur, j’avais tout fait. Toutes les conneries possibles, j’avais donné dedans comme le pire des débutants ! Et braqueur pourquoi ? Pour poursuivre une enquête qui n’intéressait plus que moi, une enquête qui aurait du prendre fin à l’instant même où Owzarek avait calanché. Une enquête pour rien, une enquête pour personne.

lire la suite :
http://metaphysiquedelaviande.blogspot.fr/2012/05/avant-dernier-episode.html

et n'oubliez pas l'angoisse numéro 2 !
http://www.revueangoisse.blogspot.fr/

et n'oubliez pas la soirée angoisse et travelos le premier juin !
http://www.facebook.com/events/351273798269167/
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Lun 4 Juin 2012 - 19:29

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - DERNIER EPISODE

5

Quand j’ai rencontré Emmanuel Ombric il était occupé à décapiter une femme qu’il venait de tuer d’un coup de couteau dans le coeur. Il commençait à avoir le coup de main. C’était quatre heures du matin, dans un quartier désert derrière le port, là où jusqu’à deux heures on trouvait les putes les moins chère de la ville, et plus personne après. J’avais terminé mon enquête. Je me promenais à cet endroit pour trouver le calme, pour décider de ce que je devais faire, tenter le coup auprès de Myriam ou bien mourir ici et qu’on en parle plus. Le silence, les murs lépreux, la proximité de gens qui me ressemblaient, de pauvres types sans un rond et dont personne au monde n’avait rien à foutre, m’aidait à réfléchir et à assimiler toutes les horreurs que j’avais apprises depuis que je m’étais lancé dans ce merdier. Ce soir-là il ne pleuvait pas mais l’air brumeux était chargé d’humidité.
Ombric a brandi vers moi sa lame pleine de sang, j’ai sorti mon flingue.
–– Et bin flingue-moi, pauvre con, t’attends quoi ?
Il avait un regard timbré et un air hargneux. La tête était décollée aux trois quarts. Je me suis approché. Je continuais à le tenir en joue. J’ai percuté qu’il était français, ça m’a fait sourire.

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Constantine
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Mar 14 Aoû 2012 - 12:36

Bon, je viens de terminer la lecture...

Honnêtement j'aime beaucoup la forme, le style "haché", très ''cinéma'' (comme dit plus haut) donne un look certain au récit, on a envie de continuer la lecture... Les influences marquées (lovecraft notamment) amène une ambiance certaine, bien noir et malsaine… Pas grand-chose à dire a ce niveau la…

Pour le fond par contre, c’est de suite moins flatteur… Les scènes gores s’enchainent vite noyant le lecteur dans les méandres du dégout lui faisant oublier la trame de fond… Certaine scènes trainent en longueur, lassant quelque peu... On en finit plus de voir Amy se faire battre par son vilain papa… Les parties très ‘’multipoints’’ amène parfois des personnages moins attachants… (Quand cette mode (consciente ou inconsciente Wink) du multipoint cessera t’elle ?)

C’est dommage… Mais je lirais tes autres récits avec une grande curiositée… En ésperant que tu ne donne pas que dans ‘’l’horreur et le gore’’… Smile
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Mar 14 Aoû 2012 - 12:38

qu'est-ce que tu entends par multipoint ?

outre le gore et l'horreur, je donne aussi dans la pornographie et dans la poésie.
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Mar 14 Aoû 2012 - 12:47

Multipoint... Histoire changeant de narrateur et n'aillant pas de "personnages/vue" objective...
(Mais ça rèste un avis personnel seulement)
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Mar 14 Aoû 2012 - 12:58

euh, une des caractéristiques formelles principales de ce bouquin, c'est que justement, il n'y a aucun point de vue interne et pas le moindre narrateur. on reste exclusivement sur de la focale externe - même les passages en interne (le blog de je sais plus comment il s'appelle) sont présentés comme des citations et relèvent donc plus du document que de la narration, et ceci, précisément, dans le but d'avoir une narration parfaitement objective - c'est à dire qui ne montre que des actions concrêtes et n'exprime pas la moindre psychologie (ou bien par le trûchement de la physiologie, ou alors, de manière ironique - et au catalogue des influences il faut ajouter manchette à lovecraft -, en l'assortissant de notations qui traduisent l'incertitudes et le caractère faillible de l'information). ce qui était, c'est tordu mais ça a fait ses preuves, le meilleur moyen à ma disposition pour jeter le doute sur ce qui se déroule.

maintenant, si tu veux dire par là qu'on suit, de manière séparée, les histoires plusieurs personnages distincts au lieu de suivre l'histoire d'un seul, c'est, en effet, une mode un peu agaçante. par contre, je te suggère de t'en prendre aux grecs anciens, c'est eux qui ont lancé cette idée, moi je ne suis qu'un suiviste (et d'ailleurs, il m'arrive aussi de souscrire à une autre mode agaçante qui consiste à suivre un seul personnage du début à la fin du bouquin).

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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Mar 14 Aoû 2012 - 13:16

La narration "séparée" (c'est bien de ça dont il est question) est agaçante et oui elle est présente depuis les grecs... De la même manière que le point de vue unique... La mouvance actuelle tend a privilégié le ''multipoint'' les éxemples flagrant sont ''le trône de fer'' de GRRM ou bien "les lois de l'attraction" de BEE... Citer des ''classiques" moderne ou des livres "modes" ayant ce genre de narration est facile... Je pourrais prendre Dick (citer dans ton texte) avec "Le maitre du haut château" etc, etc... Après c'est un style, je n'aime pas vraiment...

Mais comme je l'ai dis, ce n'est qu'un avis personnel...
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MessageSujet: Re: métaphysique de la viande - roman   Mar 14 Aoû 2012 - 13:30

je conçois que tu puisses ne pas aimer une manière d'écrire particulière, c'est tout à fait ton droit ; par contre, dire que c'est une mode (et justifier cette affirmation en citant trois auteurs qui n'ont aucun point commun, ni de registre, ni d'époque, ni de rien), c'est faux.

à mon avis, les trois auteurs que tu cites utilisent la narration multifocale pour trois raisons différentes.

le mec du trone de fer parce que c'est effectivement de rigueur dans la fantasy, et que ça relève (je suis d'accord) de la paresse intellectuelle et de l'absence d'ambition littéraire

k. dick (autre influence avouée de mon bouquin) parce que l'essentiel de son travail repose justement sur le point de vue, il ne parle que de ça, et c'est ce qui en fait un des auteurs majeurs du vingtième siècle, pas sa thématique comme tout le monde a l'impression de l'imaginer, mais bien par son travail formel sur le point de vue

ellis pour une raison voisine de la mienne : parce que c'est en adéquation avec ce dont il veut parler.

mais c'est pas du tout un style. et puis, dire qu'on n'aime pas ça, ce serait un peu comme dire que la narration interne c'est chiant et que tous les bouquins écrits en narration interne se ressemblent, et citer en exemple bukowski, christine angot et un polar de troisième zone.

encore une fois, je ne reviens pas sur le fait que, dans ce bouquin précis qu'est celui que j'ai écrit, tu trouves ça mauvais. c'est sur la généralisation que tu en fais, que je réponds.
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