LE MANOIR DU FANTASTIQUE

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 Le fantastique/horreur

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MessageSujet: Le fantastique/horreur    Mer 22 Fév 2012 - 11:48

Voici une recherche sur le fantastique :

LE FANTASTIQUE :

Le fantastique est un genre littéraire que l'on peut décrire comme l’intrusion du surnaturel dans le cadre réaliste d’un récit, autrement dit l’apparition de faits inexpliqués mais théoriquement explicables dans un contexte connu du lecteur, ressemblant au merveilleux mais différent tout de même.

Selon le théoricien de la littérature Tzvetan Todorov, le fantastique ne serait présent que dans l’hésitation entre l'acceptation du surnaturel en tant que tel et une tentative d’explication rationnelle. En cela, le fantastique est situé entre le merveilleux (et son incarnation contemporaine, la fantasy), dans lequel le surnaturel est accepté et justifié car le cadre est imaginaire et irréaliste, et l’épouvante, où il est accepté dans un monde « normal ». Contrairement à ces deux genres, le héros fantastique, comme le lecteur, a presque systématiquement une réaction de refus, de rejet ou de peur face aux événements surnaturels qui surviennent.

Cette définition plaçant le fantastique à la frontière de l'étrange et du merveilleux est généralement acceptée, mais a fait l'objet de nombreuses controverses, telle que celle menée par Stanislas Lem.

Le fantastique est très souvent lié à une atmosphère particulière, une sorte de crispation due à la rencontre de l’impossible. La peur est souvent présente, que ce soit chez le héros ou dans une volonté de l’auteur de provoquer l’angoisse chez le lecteur ; néanmoins ce n’est pas une condition sine qua non du fantastique.

Par extension, le fantastique définit également un genre cinématographique dont la signification est sensiblement la même (Cf. article cinéma fantastique).

Genres apparentés et sous-genres :

On considère souvent le fantastique comme très proche de la science-fiction. Néanmoins, d'importantes différences les distinguent : la science-fiction ne relève pas du surnaturel et se veut rationnelle. Ainsi, La Machine à explorer le temps, de H. G. Wells, est un roman de science-fiction car le héros voyage dans le temps grâce à une machine conçue à cet effet, autrement dit grâce à un procédé technologique, certes inconnu dans l'état actuel des connaissances humaines, mais qui, étant présenté comme technologique, ne peut être qualifié de surnaturel.

En français, une erreur fréquente consiste à appeler « fantastiques » tous les textes appartenant au genre anglo-saxon de la fantasy, comme ceux de J. R. R. Tolkien, alors qu’ils appartiennent en réalité au domaine du merveilleux. Cette erreur est due à l’absence de terme approprié permettant de nommer la fantasy en français.

Le fantastique est également apparenté au réalisme magique, genre propre à la littérature latino-américaine et fondé sur l'insertion d'éléments surnaturels dans un récit réaliste. Mais les faits surnaturels y sont considérés comme normaux, ce qui fait du réalisme magique une branche du merveilleux et non du fantastique.

Le roman gothique :

Le roman gothique est un genre littéraire anglais, précurseur du roman noir avec lequel il est parfois confondu en français. On considère généralement que le roman gothique naît avec le Château d'Otrante d'Horace Walpole (1764), pour s'éteindre progressivement à partir de 1830, tandis que s'installe en Europe continentale la vogue du fantastique. Le roman gothique anglais s'inscrit dans la continuité des Lumières même s'il marque un grand fossé avec leur esprit: en effet la fin du XVIIIe siècle est marquée par une remise en question des philosophes.

Le roman gothique s'inscrit dans la logique d'un engouement pour le sentimental et le macabre qui se fait jour dans l'Europe du XVIIIe siècle avec des auteurs comme l'abbé Prévost dont L'Histoire de Monsieur Cleveland, fils naturel de Cromwell (1731-39) paraît d'abord dans une traduction anglaise à Londres[1].

La naissance du roman gothique est également associée à la redécouverte de l'architecture gothique dans l'Angleterre de la deuxième moitié du XVIIIe siècle et plus généralement à l'engouement pour le passé. Horace Walpole, noble et homme politique anglais qui fut l'ami intime de Mme de Tencin, se fait ainsi construire un château de style médiéval sur la colline de Strawberry Hill. Le premier, Walpole va réunir les ingrédients du roman gothique historique dans le Château d'Otrante paru en 1764 : action située dans le passé mythique des croisades, décor médiéval, présence du surnaturel, personnages contemporains victimes des mystères du passé[2].

En France, des auteurs comme François Guillaume Ducray-Duminil, Madame de Genlis ou François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud exploitent de leur côté une veine macabre. D'Arnaud produit une version dramatique des Mémoires du comte de Comminge (1735) de Mme de Tencin avec pour décor une crypte « où sont les tombeaux des religieux de la Trappe, avec des crucifix, des têtes de morts »[3] inspirés des décors macabres chers aux Graveyard Poets (poètes des cimetières) anglais tels que Edward Young dont il admirait beaucoup les Nuits[2]. C'est lui qui crée le terme de genre sombre[2]. En Allemagne, les romantiques, notamment les poètes comme Frédéric Schiller, se sont également tournés vers le Moyen Âge, mais ce sont des auteurs de moindre importance comme Joseph Alois Gleich (1772-1841) ou Christian Heinrich Spieß qui lancent le genre du Schauerroman (Le roman de l'effroi).

Cependant, c'est en Angleterre que le roman gothique trouve son terrain de prédilection. Les femmes s'y distinguent. Charlotte Smith (1749-1806) publie une série de romans très populaires à la fin du XVIIIe siècle : Emmeline en 1788, Ethelinde en 1789 et Celestina en 1791, accentuant le thème de la persécution féminine déjà présent chez Richardson. Elle précède Ann Radcliffe dont les Mystères d'Udolpho[4] (1794) connaissent un succès européen et passent à la postérité comme un monument du genre gothique. L'engouement du public pousse William Lane, propriétaire de la maison d'édition Minerva Press à offrir leur chance à des auteurs à la recherche d'un gagne-pain, notamment des femmes comme Regina Maria Roche (The Maid of the Hamlet, 1793 ; Clermont, 1798), Eliza Parsons (The Castle of Wolfenbach, 1793 ; The Mysterious Warning, 1796), ou Eleanor Sleath (The Orphan of the Rhine, 1798).

À côté du roman gothique sentimental paraissent des œuvres qui se caractérisent par une atmosphère d'horreur plus prononcée comme en témoignent Vathek, conte à la manière orientale écrit en français par William Thomas Beckford en 1786, puis le célèbre Moine de Matthew Gregory Lewis (1796). On peut également rattacher à cette période dite « frénétique »[2] le Manuscrit trouvé à Saragosse du Polonais Jean Potocki, également rédigé en français.

En 1818 paraît le célèbre Frankenstein de Mary Shelley, un roman charnière profondément enraciné dans la tradition gothique et considéré a posteriori comme un des premiers romans de science-fiction. Enfin, la parution la même année de deux romans qui parodient le genre gothique (Northanger Abbey de Jane Austen et Nightmare Abbey de Thomas Love Peacock) signe la fin de l'âge d'or du roman gothique. En 1820, l'Irlandais Maturin publie encore Melmoth, l'Homme Errant. Thomas de Quincey (Klosterheim, 1832) perpétue encore la tradition, tandis que le genre fantastique est en plein essor en Europe continentale. Les thèmes du roman gothique continuent toutefois de nourrir toute la littérature anglaise jusqu'au XXe siècle, de Charles Dickens à Mervyn Peake en passant par Joseph Conrad. On peut d'ailleurs parler, au tournant du XIXe siècle, d'une mode romanesque dite "néogothique" avec des œuvres aussi célèbres que L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (1886) de Robert Louis Stevenson, Le Portrait de Dorian Gray (1890) d'Oscar Wilde ou encore le Dracula (1897) de Bram Stoker, tant l'imaginaire et les codes esthétiques du genre originel abreuvent le style et la structure de chacun des récits, même si beaucoup préfèrent toujours parler de "littérature fantastique", voire de roman d'horreur.

Le roman gothique se caractérise par la présence d'un certain nombre de lieux communs au genre. Il s'agit d'éléments de décor, ou de personnages mais aussi de situations stéréotypées et de procédés narratifs (récit dans le récit).

* Le décor

L'engouement pour l'histoire et le passé, caractéristique du romantisme, entraîne le retour à des décors populaires du théâtre élisabéthain tels que le château hanté (Macbeth, Hamlet), la crypte (Roméo et Juliette), la prison médiévale (Richard III ou Edward II de Christopher Marlowe), le cimetière (Hamlet). Les décors naturels sont ceux des contes de bonne femme, paysages nocturnes (Macbeth), sabbats de sorcières (Macbeth), orages déchaînés sur la lande (Le Roi Lear), tempêtes en mer (La Tempête, Un conte d'hiver).
Une autre caractéristique du roman gothique est la recherche de l'exotisme : l'Italie pour Le Château d'Otrante, l'Orient pour Vathek, l'Espagne pour le Manuscrit et Le Moine.

* Les personnages : le religieux (l'Inquisition), la femme persécutée, la femme fatale, le démon, la belle, la bête, l'ange, l'ange déchu, le maudit, le vampire, le bandit, le "Fatal Man"
* Les situations : le pacte infernal, l'incarcération et la torture, le suicide, le vampirisme, les secrets du passé venant hanter le présent
* Les lieux : le château, les ténèbres, le cimetière, une ruine, une église, la nature,

Si le roman gothique tend à disparaître vers 1820, il a néanmoins une longue postérité. Des auteurs aussi variés que Charles Dickens, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Jules Verne auront recours à des éléments empruntés au roman gothique, de même que les feuilletonistes et le théâtre de boulevard. C'est aussi le cas d'Alexandre Dumas, par exemple dans Pauline (1838) : cette œuvre typiquement romantique emprunte cependant au roman gothique différentes scènes comme celle dans laquelle le narrateur, grâce à une clé cachée dans un cimetière, retrouve l'héroïne enfermée dans une sorte de cachot, sous une église, avec à côté d'elle un verre de poison ; l'atmosphère macabre et lugubre y est alors nettement gothique. Le nom du personnage persécuteur, celui qui a enfermé sa femme dans ce cachot pour qu'elle y meure de faim ou d'empoisonnement, peut d'ailleurs être vu comme un clin d'œil à l'auteur du château d'Otrante puisque, comme lui, il se nomme Horace.

La plupart des pionniers du genre, en revanche, sombrent si totalement dans l'oubli qu'un critique de la fin du XXe, George Saintsbury, voit dans la liste des romans cités par Jane Austen dans Northanger Abbey une pure invention de l'auteur[5]. Il faudra attendre les découvertes de Michael Sadleir, collectionneur acharné de littérature gothique (1888-1957) pour découvrir qu'il s'agit de romans qui ont bien existé. Grâce à ces découvertes, on assiste à un renouveau d'intérêt pour le roman gothique, avec notamment la publication de l'ouvrage de Montague Summers, The Gothic Quest: A History of the Gothic Novel (1938)[6]. Dans les années 1950, le roman gothique est devenu un objet d'études, comme en témoigne The Gothic Flame de Devendra Varma[7]. Les rééditions récentes de certaines de ces œuvres permettent de se faire une idée plus précise de l'intertextualité de la littérature de leur époque

Les origines du genre :

La véritable source du genre fantastique est le roman gothique anglais de la fin du XVIIIe siècle. Outre l'apparition des thèmes propres au fantastique (les fantômes, le Diable, les vampires) ces romans caractérisés par une atmosphère d'horreur plus prononcée introduisent l'ambiguïté caractéristique du genre. Parmi les œuvres les plus représentatives, citons Le Moine de Matthew Gregory Lewis (1796), Les mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe (1794) et Melmoth, l'homme errant de Charles Robert Maturin (1820).

Naissance et essor du fantastique en France :

Dès les années 1830 les contes d'Hoffmann sont traduits en français par Loève-Veimars et rencontrent un succès spectaculaire. Après Le Diable amoureux de Jacques Cazotte, Nodier est l'un des premiers écrivains français à écrire des contes fantastiques. Pourtant, il ne voit dans ce genre qu'une manière nouvelle d'écrire des récits merveilleux[1] ; le fantastique lui est prétexte au rêve et à la fantaisie. Il écrit d'ailleurs une étude sur le fantastique[2], qui montre que pour Nodier la frontière entre merveilleux et fantastique est assez floue. Peuplés de fantômes, de vampires et de morts-vivants, ses textes possèdent cependant ce qui caractérise le fantastique : l'ambiguïté, l'incertitude, l'inquiétude. Ses contes les plus connus sont La Fée aux miettes (1832), Smarra ou les démons de la nuit (1821) et Trilby ou le lutin d'argail (1822).

Puis plusieurs des plus grands de la littérature française s'essayent au genre.

Honoré de Balzac, auteur d'une dizaine de contes et de trois romans fantastiques, a été lui aussi influencé par Hoffmann[3]. Outre L'Élixir de longue vie (1830) et Melmoth réconcilié (1835), sa principale œuvre fantastique est le roman La Peau de chagrin (1831), dont le personnage principal a conclu un pacte avec le Diable : il achète une peau de chagrin qui a le pouvoir d'exaucer tous ses souhaits mais qui, symbolisant sa vie, se réduit à chaque fois qu'il y a recours. Malgré la composante fantastique, ce roman est inscrit dans le réalisme : Balzac utilise à la description pour peindre les lieux de Paris ; il fait intervenir la psychologie et la situation sociale de ses personnages. Mais dans l'ensemble, l'œuvre fantastique de Balzac n'est pas conçue comme une finalité. Tout du moins, Balzac ne cherche pas à effrayer ou à surprendre le lecteur, et ne fait pas intervenir de quelconques vampires ou loups-garous. Il s'agit plutôt d'une œuvre de réflexion, inscrite dans le cadre de la Comédie humaine. À travers la puissance allégorique des personnages et des situations, Balzac écrit avant tout des contes philosophiques.
Guy de Maupassant

Grand admirateur de Hoffmann, Théophile Gautier est un auteur incontournable de la littérature fantastique. Habités par la fantaisie et le désir d'évasion, ses contes sont parmi les plus aboutis sur le plan de la technique du récit. Gautier brille à tenir le lecteur dans le doute tout au long de ses histoires, et à le surprendre au moment de la chute. Il est l'auteur de quelques chefs-d'œuvre que l'on retrouve régulièrement dans les anthologies dédiées au fantastique, tels La cafetière (1831) et La Morte amoureuse (1836).

Prosper Mérimée n'a écrit qu'un nombre très restreint d'œuvres fantastiques (quelques nouvelles tout au plus), mais celles-ci sont d'une grande qualité. La Vénus d'Ille (1837), en particulier, est l'une des plus célèbres nouvelles du genre. Mérimée a également traduit La Dame de pique de Pouchkine, et a publié une étude sur Nicolas Gogol, le maître du fantastique russe.

Après avoir écrit des textes fantastiques sous l'influence du romantisme allemand de Goethe et d'Hoffmann[4], Gérard de Nerval a écrit un ouvrage majeur, Aurélia (1855), dans un style plus poétique et personnel. Il a également rédigé un autre texte dans un style similaire, La Pandora (1854).

Guy de Maupassant est à l'évidence l'un des plus grands auteurs de littérature fantastique. Son œuvre est marquée par le réalisme, genre dans lequel il a bâti sa renommée ; elle est fortement ancrée dans le quotidien[5]. Ses thèmes récurrents sont la peur, l'angoisse et surtout la folie, dans laquelle il va d'ailleurs sombrer peu avant sa mort. On les retrouve dans son chef-d'œuvre, Le Horla (1887). Sous forme de journal intime, le narrateur relate ses angoisses dues à la présence d'un être invisible. L'hésitation repose sur la folie possible du narrateur.

Le fantastique belge :

Le développement d'une littérature fantastique particulière en Belgique au XXe siècle est une chose curieuse mais indiscutable. Il est d'autant plus important de l'évoquer, que le fantastique joue un rôle central dans la littérature belge en général. Le fantastique belge naît du symbolisme et du réalisme à la fin du XIXe[8]. Le symbolisme crée une atmosphère propice à l'intrusion du surnaturel, que ce soit par l'allégorie, la féerie, ou son caractère allusif. L'œuvre majeure de ce courant est Bruges-la-Morte de Georges Rodenbach (1892). À côté du symbolisme, se développe un courant réaliste et rustique, dont le principal représentant est Georges Eekhoud. Marquée par un réalisme de l'outrance et de l'hyperbole[9], son œuvre laisse apparaître un recueil majeur, Cycles patibulaires (1892)

Deux écrivains ont contribué à apporter au fantastique belge sa maturité : Franz Hellens et Jean Ray. Le premier, alternant entre symbolisme et réalisme, s'est illustré dans un genre que l'on qualifie parfois de « réalisme magique ». Ses ouvrages principaux sont Nocturnal (1919) et Les réalités fantastiques (1923). Le second est certainement le plus connu de tous. Jean Ray est un réel novateur de la littérature du surnaturel au XXe siècle. Il a la particularité d'avoir considéré le genre fantastique comme une totalité, et s'y est consacré de manière exclusive. Il est l'auteur d'un fantastique débridé dont la plus grande réussite est Malpertuis (1943).

Enfin, Michel de Ghelderode, en marge de son imposante œuvre théâtrale, a également écrit Sortilèges (1945), un recueil de nouvelles fantastiques tenu pour une référence du genre.

De nos jours se développe un fantastique très influencé par les mouvances émanant des pays Anglo-Saxons, qui compte notamment parmi ses auteurs Daph Nobody (pseudonyme), avec son roman Blood Bar ou son Cycle des Ténèbres.

L'Angleterre victorienne :

L'Angleterre victorienne n'a suscité que peu d'auteurs fantastiques à proprement parler, les subtiles ambiguïtés propres au genre ne trouvant guère d'écho dans la tradition littéraire anglaise. Ainsi des nouvelles de Thomas de Quincey, qui s'inscrivent plus nettement dans la tradition du roman gothique que dans celle du fantastique.

L'Irlandais Sheridan Le Fanu est l'auteur de Carmilla (1871), un roman gothique dont l'originalité réside dans le personnage de la femme vampire homosexuelle. Il a inspiré le célèbre Dracula de son compatriote Bram Stoker (1897), chef-d'œuvre incontesté des histoires de vampires.

Oscar Wilde écrit également l'un des plus célèbres romans fantastiques anglo-saxons, Le Portrait de Dorian Gray (1891), dans lequel le personnage principal voit son portrait vieillir et prendre chaque marque de ses vices, tandis que lui possède la jeunesse éternelle et se livre à tous les excès. Wilde développe dans ce texte sa réflexion sur l'esthétisme et met en scène le conflit entre les déchéances physique et morale. La sensualité et l'homosexualité parcourent également l'ouvrage en filigrane. Dépassant largement le cadre du fantastique, ce roman a exercé une forte influence sur la littérature française, en particulier sur les écrivains décadents[10]. Par ailleurs, Oscar Wilde a écrit une parodie d'histoire de fantômes, Le Fantôme de Canterville (1887).

D'autres écrivains de grande renommée ont signé quelques textes fantastiques, que ce soit Robert Louis Stevenson (Markheim, Olalla) ou bien Rudyard Kipling.

L'écrivain anglo-américain Henry James a régulièrement abordé le fantastique au cours de sa carrière littéraire, et plus précisément les histoires de fantômes[11]. Le plus abouti de ses textes est Le Tour d'écrou (1898), une référence dans l'art de l'hésitation entre explication rationnelle et irrationnelle. Le style allusif de James amène le lecteur à douter de chacun des protagonistes tour à tour, de sorte que la vérité ultime sur cette histoire n'est pas révélée à la fin du récit ; ce choix est laissé au lecteur. Ce livre est aussi remarquable pour le caractère fantomatique de ses personnages[12].

Cette période vit aussi la naissance de nouveaux genres de littérature populaire : le roman policier avec Wilkie Collins, la science-fiction avec H. G. Wells et Mary Shelley. Bien plus tard, c'est encore en Angleterre que naîtra le genre Fantasy, avec Bilbo le Hobbit de J. R. R. Tolkien

Le fantastique américain :

À sa naissance au début du XIXe siècle, la littérature américaine est fortement marquée par le roman gothique anglais et le fantastique. Nathaniel Hawthorne, puis Washington Irving et surtout Edgar Allan Poe imposent aussi la nouvelle et le conte comme formes d'expression privilégiées. Poe joue aussi un rôle particulier en élaborant une théorie esthétique personnelle. Enfin, il fait aussi partie des pionniers de la science-fiction et du roman policier.

Washington Irving, l'un des premiers grands écrivains américains, a écrit de nombreux contes qui se rapprochent plus de la légende que du récit surnaturel à proprement parler. Il se caractérise par son réalisme, ainsi que par le ton ironique qu'il emploie. Son recueil le plus connu est le Sketch Book (1819), qui contient le conte Rip Van Winckle, l'une des deux premières œuvres fantastiques américaines vraiment originales, avec Peter Rugh, le disparu de William Austin (1824)[13].

Nathaniel Hawthorne a rédigé quelques textes faisant appel au surnaturel[14]. Ils sont marqués par l'oppression dans une Amérique puritaine, et ont pour thème récurrent la malédiction, en référence aux légendes de sorcellerie.

Quoique le fantastique occupe peu de place dans son œuvre abondante, Francis Marion Crawford est l'auteur d'un recueil de grande qualité dans le genre, Wandering Ghosts[15] (1891).

Tout en s'inspirant de cette tradition, H. P. Lovecraft lui donne un tour particulier, plus proche de l'horreur. Lovecraft inspirera de nombreux auteurs au XXe siècle, notamment Stephen King.

Les récits populaires :

C'est Alexandre Pouchkine qui introduisit le genre fantastique en Russie avec le célèbre conte la Dame de pique (1834). À partir de cette date le fantastique devint un genre de prédilection de la littérature russe, trouvant ses thèmes dans les contes et légendes populaires. Apparaît alors un fantastique proche du merveilleux, dans des œuvres telles que La famille du Vourdalak d'Alexis Konstantinovitch Tolstoï, L'effroyable vengeance de Nicolas Gog, caractère propre dans des œuvres réalistes marquées par une inquiétude profonde, faisant preuve d'une plus grande sincérité que les bijoux littéraires issus de la « mode » du fantastique, en France notamment[16]. C'est le cas du Manteau de Gogol et de L'Aigle blanc de Nikolaï Leskov. On retrouvera ce réalisme bien plus tard dans le roman de Andreï Biély, Petersbourg et dans Un démon de petite envergure de Fédor Sologoub.

Le fantastique de langue allemande des années 1890-1930 :

Le début du XXe siècle est marqué par l'essor dans les pays germanophones d'un fantastique sombre et pessimiste. Les œuvres qui paraissent durant cette période deviennent des sources d'inspiration du cinéma expressionniste qui se développe alors en Allemagne.

Gustav Meyrink est l'un des plus grands écrivains fantastiques de cette période. Grand amateur de sciences occultes, il distille dans ses romans des thèses occultistes dans le but d'initier ses lecteurs. Son roman le plus célèbre, Le Golem (1915), est placé sous le signe de la Kabbale. Il peint le tableau d'une humanité dégradée et misérable dans le quartier juif de Prague. Son autre roman fantastique majeur est La Nuit de Walpurgis (1917). Il a pour thème la violence et la folie collective, et fait écho à la boucherie de la Première Guerre Mondiale.

Plus controversé, Hanns Heinz Ewers est l'auteur d'une œuvre abondante qui, si elle lorgne plus souvent sur l'étrange que sur le fantastique, reste largement dans le domaine du surnaturel. Avec un penchant prononcé pour le macabre, le sang, et un érotisme malsain, ses ouvrages se veulent provocateurs et ont souvent été jugés immoraux. Ewers est surtout connu pour son roman Mandragore. Il est l'auteur d'un autre roman significatif, L'Apprenti-sorcier (1909) , ainsi que de nombreuses nouvelles, dont la plus connue est L'Araignée (1907).

L'écrivain et dessinateur autrichien Alfred Kubin a publié en 1909 un unique roman fantastique, L'Autre Côté, où l'on retrouve l'atmosphère cauchemardesque de ses dessins. Ce roman, dans lequel le rêve et la réalité forment un écheveau inextricable, est considéré par Peter Assman, le principal biographe de Kubin, comme « un pas essentiel pour le développement de la littérature fantastique européenne »[17].

D'autres œuvres fantastiques importantes sont écrites durant cette période, notamment Le marquis de Bolibar de Leo Perutz et Le baron Bagge d'Alexander Lernet-Holenia. C'est également à cette époque que Franz Kafka rédige La métamorphose, que l'on considère parfois comme une nouvelle fantastique.

La peur :

La lecture de textes fantastiques provoque souvent mais non nécessairement – un sentiment de peur ou d'angoisse. Sigmund Freud explique ce sentiment par l'inquiétante étrangeté propre à la littérature fantastique. Le terme allemand utilisé par Freud est unheimlich qui signifie « non-familier » mais aussi « non-caché ». Ainsi, le propre du fantastique serait de révéler des choses habituellement cachées, des choses que nous ne voulons pas voir : le sang, les cadavres, la nuit, les ruines.

Le Mal :

es manifestations du surnaturel dans la littérature fantastique sont généralement néfastes : pas de place pour les anges, les bonnes fées ou les bons génies. Le fantastique fait la part belle au Mal et à ses incarnations. C'est aussi une littérature de la souffrance, de la folie, de l'échec. En ce sens, elle marque une rupture profonde avec l'optimisme du siècle des Lumières. Cet aspect trouvera un écho au XXe siècle chez les surréalistes.

La littérature fantastique et la censure :

Le fantastique a souvent été utilisé par des auteurs pour contourner la censure. Les romantiques allemands ont ainsi pu glisser des critiques politiques sous les dehors de la fiction. Parfois le simple fait d'adopter le genre fantastique vaut revendication de l'autonomie de la littérature contre ceux qui veulent l'asservir : ainsi des auteurs russes dissidents à l'époque du réalisme socialiste.

De même, on tolérera plus facilement des idées choquantes si elles sont présentées comme l'œuvre de la folie ou du Diable : scènes scabreuses du fantastique fin de siècle français, phobie raciste et misanthrope chez H. P. Lovecraft, etc. il ne faut non plus oublier le macabre.

Le fantastique en tant que littérature de l'interprétation :

Le texte fantastique est par nature ambigu et demande à être interprété correctement. Les auteurs ont donc souvent recours à des techniques narratives qui conditionnent le lecteur. Les textes courts (contes et nouvelles) qui permettent de maintenir la tension dramatique sont privilégiés. Il est souvent fait appel à un narrateur, parfois redoublé d'un second narrateur qui introduit le récit et le met à distance.

Le lecteur du texte fantastique se retrouve face à un choix paradoxal : soit il fait confiance au narrateur et accepte la version « surnaturelle », et alors le texte devient évidemment une fiction ; soit il préfère une explication « rationnelle » qui ramène le texte dans le champ du réalisme, mais alors il doit mettre en doute la crédibilité du narrateur.

On peut aussi envisager le fantastique comme l'interprétation littérale de figures métaphoriques. Ainsi le cafard de la Métamorphose de Kafka est à la fois une métaphore de l'individu insignifiant et un véritable insecte. Le fantastique amène donc à s'interroger sur ce qu'est un texte littéraire et sur son rapport à la réalité. Dans At Swim-Two-Birds par exemple, Flann O'Brien imagine ainsi un auteur aux prises avec ses personnages qui refusent de lui obéir, un thème que développera dans son propre monde également Marcel Aymé.

Deux auteur à la loupe :

1) Stephen King :

Stephen Edwin King, plus connu sous le nom de Stephen King, est un écrivain américain né le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine (États-Unis).

Tout au long de sa carrière, Stephen King a écrit et publié plus de cinquante romans d'horreur ou fantastiques (qui ont été vendus à plus de trois cent cinquante millions d'exemplaires[1] de par le monde), plus de cent soixante nouvelles et plus de quatre cents essais de non-fiction[2]. Il reçoit en 2003 la médaille de la National Book Foundation pour sa remarquable contribution à la littérature américaine[3] et, en 2007, l'association des auteurs de romans policiers américains Mystery Writers of America lui décerne le titre de « grand master ».

King possède une grande connaissance de la littérature d'horreur, comme on peut le voir dans son essai Anatomie de l'horreur qui retrace plusieurs décennies d'un intérêt prononcé pour l'épouvante à travers la littérature, le cinéma, la télévision et la radio. Il a aussi écrit des ouvrages appartenant à d'autres genres comme les recueils de nouvelles Différentes Saisons, ou Cœurs perdus en Atlantide, et les romans La Ligne verte, Les Yeux du dragon, et son magnum opus, la série La Tour sombre. Dans le passé, Stephen King a écrit sous les noms de Richard Bachman et John Swithen (une seule fois sous ce dernier pseudonyme pour la nouvelle le Cinquième Quart publiée par la suite dans Rêves et Cauchemar .

Stephen King est réputé pour son sens du détail et pour toutes les interactions qu'il a créé entre ses livres où certains faits, certains personnages se croisent (Dolores Claiborne et Jessie sont un exemple flagrant ainsi que le diptyque Désolation et Les Régulateurs). Ses œuvres ont également beaucoup de cadres en commun, la majorité se situant dans le Maine (la ville fictive de Castle Rock en étant l'exemple le plus célèbre). Des histoires semblant souvent n'avoir aucun lien entre elles sont en fait liées par des personnages secondaires récurrents ou des références à des événements s'étant déroulés dans une histoire précédente (par exemple, le personnage de Cynthia reliant Rose Madder à Désolation).

La Tour sombre, constitué de sept volumes, est un cycle qui lui permet de lier tous ces romans à une seule réalité, plutôt que de considérer ses crossover comme anecdotiques. Bon nombre de ses romans font référence au cycle de la Tour sombre ou vice-versa, souvent à travers des détails plus ou moins mineurs mais parfois de façon beaucoup plus essentielle (les connexions avec Insomnie, Cœurs perdus en Atlantide, Salem et Territoires étant les plus flagrantes). L'un des personnages de King qui revient le plus fréquemment est Randall Flagg, qui est une des incarnations du mal dans plusieurs de ses œuvres ; il est ainsi l'homme en noir dans La Tour sombre, le démon dans Territoires, le sorcier maléfique dans Les Yeux du dragon ainsi que le principal antagoniste du Fléau.

Les livres de King sont parsemés de références à l'histoire et à la culture américaines, et particulièrement leurs côtés les plus sombres. Elles apparaissent le plus souvent dans les histoires de ses personnages, étant un facteur d'explication de leurs peurs les plus primaires. La violence (en particulier la violence au sein de la cellule familiale), le racisme et la guerre (spécialement celle du Vietnam) sont des thèmes récurrents dans ses œuvres.

Par ailleurs, le style narratif familier de King contraste avec le contenu horrifique d'une grande partie de ses écrits. Il utilise beaucoup les flash-backs, notamment pour illustrer les comportements et le cheminement de pensée de ses personnages principaux. Ceux-ci sont très souvent eux-mêmes des écrivains (Ben Mears dans Salem, Bill Denbrough dans Ça, Paul Sheldon dans Misery, Thaddeus Beaumont dans La Part des ténèbres, Mike Noonan dans Sac d'os...). L'enfance est également un thème majeur de l'œuvre de King et les enfants jouent fréquemment des rôles essentiels dans ses histoires (Shining, l'enfant lumière, Charlie, Le Talisman, Ça, Désolation...).

Quand on lui demande pourquoi il écrit, Stephen King répond : « la réponse est assez simple - il n'y a rien d'autre que j'étais capable de faire. J'étais fait pour écrire des histoires et j'aime écrire des histoires. C'est pourquoi je le fais. Je ne peux m'imaginer faire quelque chose d'autre comme je ne peux imaginer ne pas faire ce que je fais »[14]. On lui demande aussi souvent pourquoi il écrit des histoires aussi terrifiantes et il répond par une autre question : « Qu'est-ce qui vous fait penser que j'ai le choix ? »[15].

Il a une formule très simple pour apprendre à bien écrire : « Lisez et écrivez quatre à six heures par jour. Si vous ne pouvez pas trouver le temps pour cela, vous ne pouvez espérer devenir un bon écrivain. » Lui-même s'est fixé un quota journalier de deux mille mots et ne s'arrête pas d'écrire tant qu'il ne l'a pas atteint. Il a également une définition assez particulière de ce qu'est le talent dans l'écriture : « Si vous écrivez quelque chose et que quelqu'un vous envoie un chèque pour cela, si ce chèque n'est pas sans provision et que vous pouvez payer la facture d'électricité avec cet argent, je vous considère comme talentueux »[16]

Ses romans :

* Carrie, 1978 ((en) Carrie, 1974)
* Salem, 1977 ((en) Salem's Lot, 1975)
* Shining, l'enfant lumière, 1979 ((en) The Shining, 1977)
* Le Fléau, 1988 ((en) The Stand - Unabriged, 1978)
Première édition
* Dead Zone, 1983 ((en) The Dead Zone, 1979)
* Charlie, 1984 ((en) Firestarter, 1980)
* Cujo, 1982 ((en) Cujo, 1981)
* Christine, 1984 ((en) Christine, 1983)
* L'Année du loup-garou, 1986 ((en) Cycle of the Werewolf, 1983)
* Simetierre, 1985 ((en) Pet Sematary, 1983)
* Les Yeux du dragon, 1995 ((en) The Eyes of the Dragon, 1984)
* Le Talisman, 1986 ((en) The Talisman, 1984)
Co-écrit avec Peter Straub.
* Ça, 1988 ((en) It, 1986)
* Misery, 1989 ((en) Misery, 1987)
* Les Tommyknockers, 1989 ((en) The Tommyknockers, 1987)
* La Part des ténèbres, 1990 ((en) The Dark Half, 1989)
* Le Fléau, 1991 ((en) The Stand: The Complete & Uncut Edition, 1990)
Édition intégrale, révisée par l’auteur
* Bazaar, 1992 ((en) Needful Things, 1991)
* Jessie, 1993 ((en) Gerald's Game, 1992)
* Dolores Claiborne ((en) Dolores Claiborne, 1993)
* Insomnie, 1993 ((en) Insomnia, 1994)
* Rose Madder, 1997 ((en) Rose Madder, 1995)
* La Ligne verte, 1996 ((en) The Green Mile, 1996)
* Désolation, 1996 ((en) Desperation, 1996)
* Sac d'os, 1999 ((en) Bag of Bones, 1998)
* La Petite Fille qui aimait Tom Gordon, 2000 ((en) The Girl Who Loved Tom Gordon, 1999)
* Dreamcatcher, 2002 ((en) Dreamcatcher, 2001)
* Territoires, 2002 ((en) Black House, 2001)
Co-écrit avec Peter Straub. Suite du Talisman
* Roadmaster, 2004 ((en) From a Buick 8, 2002)
* Colorado Kid, 2006 ((en) The Colorado Kid, 2005)
Roman court
* Cellulaire, 2006 ((en) Cell, 2006)
* Histoire de Lisey, 2007 ((en) Lisey's Story, 2006)
* Duma Key, 2009 ((en) Duma Key, 2008)
* Dôme, 2011 ((en) Under the Dome, 2009)
* (en) Blockade Billy, 2010
Roman court
* (en) 11/22/63, 2011
* (en) Dr. Sleep, 2012
Suite de Shining, l'enfant lumière

2) H.P.Lovecraft :

Howard Phillips Lovecraft, né le 20 août 1890 et mort le 15 mars 1937, est un écrivain américain connu pour ses récits d'horreur et de science-fiction.

Ses sources d'inspiration, tout comme ses créations, sont relatives à l'horreur cosmique, à l'idée selon laquelle l'homme ne peut pas comprendre la vie et que l'univers lui est profondément étranger. Ceux qui raisonnent véritablement, comme ses protagonistes, mettent toujours en péril leur santé mentale. On lit souvent Lovecraft pour le mythe qu’il a créé, le mythe de Cthulhu, pour employer l’expression d’August Derleth, mais Derleth s’est trompé sur lui. Derleth voulait voir dans Cthulhu, Nyarlathotep, Azathoth, Yog-Sothoth ou Shub-Niggurath des êtres surnaturels et des dieux auxquels Lovecraft aurait cru sans équivoque, ce qui était loin d’être l’intention de l’auteur, car Lovecraft n’a jamais employé l’expression « mythe de Cthulhu ». Pour lui, c’était un « panthéon noir », une « mythologie synthétique » ou un « cycle de folklore synthétique ». Il voulait montrer essentiellement que le cosmos n’est pas anthropocentrique, que l’homme, forme de vie insignifiante parmi d’autres, est loin de tenir une place privilégiée dans la hiérarchie infinie des formes de vie[1]. Ses travaux sont profondément pessimistes et cyniques et remettent en question le Siècle des Lumières, le romantisme ainsi que l'humanisme chrétien[2],[3]. Les héros de Lovecraft éprouvent en général des sentiments qui sont à l'opposé de la gnose et du mysticisme au moment où, involontairement, ils ont un aperçu de l'horreur de la réalité.

Bien que le lectorat de Lovecraft fût limité de son vivant, sa réputation évolue au fil des décennies et il est à présent considéré comme l'un des écrivains d'horreur les plus influents du XXe siècle ; avec Edgar Allan Poe, il a « une influence considérable sur les générations suivantes d'écrivains d'horreur »[4].

Stephen King a dit de lui qu'il était « le plus grand artisan du récit classique d'horreur du vingtième siècle »[5],[6].

Au-delà de simples adaptations, Lovecraft et ses récits ont un impact profond sur la culture populaire et ont été loués par de nombreux écrivains contemportains. Une partie de l'influence de l'auteur a été directe, puisqu'il était l'ami et le correspondant d'individus tels que : August Derleth, Robert E. Howard, Robert Bloch et Fritz Leiber. D'autres artistes plus jeunes ont été influencés par Lovecraft : Clive Barker, Stephen King, Alan Moore, Neil Gaiman, John Carpenter, Stuart Gordon, Guillermo del Toro, Junji Itō et H. R. Giger. Le Mythe de Cthulhu a été une source d'inspiration pour les auteurs de par le monde et on retrouve des éléments lovecraftiens dans des romans, des films, des bandes dessinées (l'asile d'Arkham dans The Batman, les travaux de Philippe Druillet), de la musique, des jeux et même des dessins animés.

L'écrivain argentin Jorge Luis Borges a écrit sa nouvelle « There are more things » en pensant à Lovecraft. Michel Houellebecq a écrit une biographie littéraire intitulée Contre le monde, contre la vie, essai sur Lovecraft. Joyce Carol Oates a rédigé une introduction à une anthologie de récits de Lovecraft. La Library of America a publié un volume dédié à Lovecraft en 2005 en le qualifiant d'écrivain américain canonique.

Dans le domaine musical, deux exemples assez connus sont le groupe de rock psychédélique H. P. Lovecraft qui a sorti quatre albums dans les années 1960 et 1970 et Metallica qui a sorti les chansons intitulées The Call of Ktulu, « The Thing that should not Be » (inspirée par « Le Cauchemar d'Innsmouth ») et « All Nightmare Long » (Death Magnetic). Le groupe de stoner doom Electric Wizard a aussi été influencé par Lovecraft dans des morceaux tels que "Dunwich" ou "Supercoven". Black Sabbath, groupe de Heavy metal anglais, a quant à lui écrit un morceau intitulé "Behind The Wall Of Sleep", inspiré par la nouvelle "Beyond The Wall of Sleep". Ainsi que le groupe d'extrême metal Cradle of Filth, dans Cthulhu Dawn, Mother of Abomination, et lui rendant hommage dans la compilation nommé Lovecraft & Witch Hearts

En 2011, l'album Back to Lovecraft met en musique des poésies de l'auteur dans un style bluegrass, folk, et dixieland. Réalisé par un collectif d'artistes européens et américains (notamment l'harmoniciste Charlie McCoy), ce concept-album a été conçu entre l'île de Corse et Londres (studio Abbey Road)[21].
Aperçu de l'œuvre[modifier]

Pendant la majeure partie du XXe siècle, les éditions définitives de sa prose (notamment At the Mountains of Madness and Other Novels, Dagon and Other Macabre Tales, The Dunwich Horror and Others, et The Horror in the Museum and Other Revisions) sont publiées par Arkham House, une maison d'édition dont l'objectif premier était de publier ses travaux. Aujourd'hui, Penguin Classics a publié trois volumes : The Call of Cthulhu and Other Weird Stories, The Thing on the Doorstep and Other Weird Stories et, plus récemment, The Dreams in the Witch House and Other Weird Stories. Il s'agit de collections de textes édités par S. T. Joshi qui étaient pour la plupart disponibles aux éditions Arkham à l'exception de Dans l'abîme du temps précédemment sorti chez Hippocampus Press. En 2005, la prestigieuse Library of America publie un volume d'écrits édités par Peter Straub.

La poésie de Lovecraft a été rassemblée dans The Ancient Track: The Complete Poetical Works of H. P. Lovecraft alors que ses premiers écrits, ses essais philosophiques, politiques et littéraires peuvent être retrouvés dans Miscellaneous Writings. Son essai intitulé Supernatural Horror in Literature, d'abord publié en 1927, est une étude historique du genre de l'horreur littéraire et est disponible sous le titre : The Annotated Supernatural Horror in Literature.

En ce qui concerne les travaux de Lovecraft, surtout les plus récents, le statut du droit d'auteur est délicat. Lovecraft avait précisé que le jeune R. H. Barlow devait être son exécuteur littéraire mais ceci n'a pas été mentionné dans son testament. Sa tante s'est néanmoins occupé de ce point et Barlow reçut effectivement la charge de l'héritage littéraire massif et complexe de Lovecraft après la mort de celui-ci.

Barlow déposa le gros de l'œuvre de Lovecraft (y compris ses correspondances) à la John Hay Library et essaya de s'organiser pour conserver les autres écrits de l'auteur. August Derleth, un écrivain plus vieux et mieux établi que lui vint se poser en rival pour contrôler l'héritage de Lovecraft. En conséquence, il y eut une confusion légale pour savoir qui détenait quel droit.

Tous les travaux publiés avant 1923 sont dans le domaine public aux États-Unis[22]. Cependant, il y a des désaccords en ce qui concerne les personnes : qui détient ou détenait quel droit ? Par ailleurs, en avril 2008, y avait-il toujours des droits d'auteur en ce qui concerne les travaux publiés après 1923 (L'Appel de Cthulhu, Les Montagnes hallucinées) ?

La question se pose de savoir si les droits sur les travaux de Lovecraft ont été renouvelés en fonction du Copyright Act of 1976 américain qui concerne les œuvres créées avant le 1er janvier 1978. En effet, avant cette loi, le nombre d'années pris en compte pour les droits d'auteur était calculé à partir de la date de publication et pas en fonction de la vie de l'artiste. À partir de là, il fallait faire quelque chose sans quoi tous les travaux tombaient dans le domaine public. La loi de 1976 renouvelait les droits de manière rétroactive pour une période de 47 ans[23] et le Sonny Bono Copyright Term Extension Act de 1998 ajoutait encore une période 20 ans à cela, ce qui donnait un total de 95 ans à partir de la date de publication. Si les droits ont été renouvelés, ils sont toujours actifs aux États-Unis.

La Directive européenne sur l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société de l'information (1993) étend les droits d'auteur à 70 ans après la mort de l'auteur. Ainsi, tous les travaux publiés du vivant de Lovecraft sont tombés dans le domaine public dans les 27 pays de l'Union le 1er janvier 2008.

Les protégés de Lovecraft et actionnaires d'Arkham House, August Derleth et Donald Wandrei, ont souvent affirmé détenir les droits sur les travaux de l'auteur. Le 9 octobre 1947, Derleth acquit tous les droits pour Weird Tales. Cependant, depuis 1926, au plus tard, Lovecraft avait réservé les droits de toutes les rééditions de ses œuvres publiées par Weird Tales. Une fois encore, même si Derleth avait effectivement été en possession des droits, rien ne prouve que ceux-ci aient été renouvelés[24].

Joshi conclut dans sa biographie, H. P. Lovecraft: À Life, que les prétentions de Derleth étaient « certainement fictives » et que les travaux de Lovecraft, publiés par la presse amateure, sont certainement tombés dans le domaine public. Les droits auraient pu être accordés à son seul héritier en vie en 1912 : sa tante, Annie Gamwell qui mourut en 1941. Les droits allèrent donc à Ethel Phillips Morrish et Edna Lewis. Celles-ci signèrent un document accordant à Arkham House de rééditer les travaux de Lovecraft tout en conservant les droits. Rien ne dit que ces droits aient été renouvelés.

Chaosium, l'éditeur du jeu de rôle L'Appel de Cthulhu, est propriétaire d'une marque commerciale intitulée « L'Appel de Cthulhu » destinée à ses jeux. Un autre éditeur de jeux, TSR, Inc., le premier éditeur de AD&D, avait inclus dans l'un des premiers suppléments du jeu une section intitulée Deities & Demigods (1980) qui portait sur le Mythe de Cthulhu ; plus tard, cette section fut supprimée à la demande de Chaosium.

Indépendamment des problèmes légaux autour de ses écrits, Lovecraft a toujours encouragé les autres à réutiliser ses idées et à les enrichir, surtout celles du Mythe de Cthulhu : le Necronomicon, Cthulhu et Yog-Sothoth. Après sa mort, beaucoup d'écrivains ont contribué à l'étoffement du Mythe.

Recueils et romans en langue française

* 1954 : La Couleur tombée du ciel - Denoël, coll. Présence du futur n°4
* 1954 : Dans l'abîme du temps - Denoël, coll. Présence du futur n°5
* 1955 : Démons et Merveilles - Deux Rives, coll. Lumières interdites
* 1956 : Par-delà le mur du sommeil - Denoël, coll. Présence du futur n°16
* 1961 : Je suis d'ailleurs - Denoël, coll. Présence du futur n°45
* 1969 : Dagon - Belfond, coll. Domaine fantastique
* 1971 : Le Rodeur devant le seuil (en collaboration avec August Derleth) - Christian Bourgois, coll. Dans l'épouvante
* 1971 : L'Ombre venue de l'espace (en collaboration avec August Derleth) - Robert Laffont
* 1972 : L'Affaire Charles Dexter Ward - J'ai lu, coll. Science-Fiction (court roman publié tout d'abord dans le recueil Par-delà le mur du sommeil)
* 1972 : Le Masque de Cthulhu (en collaboration avec August Derleth) - Christian Bourgois, coll. Dans l'épouvante
* 1975 : La Trace de Cthulhu (en collaboration avec August Derleth) - J'ai lu, coll. Science-Fiction
* 1975 : L'Horreur dans le musée (premier tome des révisions de Lovecraft) - Christian Bourgois
* 1975 : L'Horreur dans le cimetière (second tome des révisions de Lovecraft) - Christian Bourgois
* 1987 : Fungi de Yuggoth et autres poèmes fantastiques - Nouvelles Éditions Oswald (poèmes)
* 1988 : Night Ocean - J'ai lu, coll. Science-Fiction
* 1991 : Œuvres tome 1 et 2 - Robert Laffont, coll. Bouquins
* 1992 : Œuvres tome 3 - Robert Laffont, coll. Bouquins
* 1995 : Le Cauchemar d'Innsmouth - J'ai lu, coll. Science-Fiction (regroupe 6 nouvelles déjà publiées auparavant)
* 1995 : Les Autres dieux et autres nouvelles - Librio, coll. SF-Fantastique (regroupe 8 nouvelles déjà publiées)
* 1996 : Le Mythe de Cthulhu - J'ai lu, coll. Science-Fiction (regroupe 6 nouvelles déjà publiées)
* 1996 : La Quête onirique de Kadath l'inconnue - J'ai lu, coll. Science Fiction (longue nouvelle publiée tout d'abord dans le recueil Démons et merveilles)
* 1996 : Les Montagnes hallucinées - J'ai lu, coll. Science-Fiction (regroupe 2 nouvelles déjà publiées)
* 1997 : L'Abomination de Dunwich - J'ai lu, coll. Science-Fiction (regroupe 9 nouvelles publiées précédemment)
* 1997 : Les Rats dans les murs - Mille et une nuits, coll. La petite collection (nouvelle seule publiée tout d'abord dans le recueil Par-delà le mur du sommeil)
* 2005 : La Peur qui rôde - Gallimard, coll. Folio2€ (contient 3 nouvelles déjà publiées)
* 2008 : Celui qui chuchotait dans les ténèbres - Gallimard, coll. Folio2€ (nouvelle éditée seule)
* 2010 : Les Contrées du rêve - Mnémos, (regroupe 13 nouvelles appartenant au Cycle du rêve, avec une traduction révisée par David Camus[1])

Liste des nouvelles :

* 1897 : La Petite Bouteille de verre (The Little Glass Bottle)
* 1897? : The Noble Eavesdropper (non traduit)
* 1898 : La Caverne secrète (The Secret Cave or John Lee's Adventure)
* 1898 : Le Mystère du cimetière (The Mystery of the Grave-yard)
* 1898-1902 : The Haunted House (non traduit)
* 1898-1902 : John, The Detective (non traduit)
* 1902 : Le Vaisseau mystérieux (The Mysterious Ship)
* 1905 : La bête de la caverne (The beast in the cave)
* 1907? : The Picture (non traduit)
* 1908 : L'Alchimiste (The Alchemist)
* 1917 : Dagon
* 1917 : Douce Ermengarde (Sweet Ermengarde)
* 1917 : La Tombe (The Tomb)
* 1917 : Quelques souvenirs sur le Dr. Johnson (A Reminiscence of Dr. Samuel Johnson)
* 1918 : Polaris
* 1918 : The Mystery of Murdon Grange (non traduit)
* 1919 : Par-delà le mur du sommeil (Beyond the Wall of Sleep)
* 1919 : Old bugs
* 1919 : La Malédiction de Sarnath (The Doom That Came to Sarnath)
* 1919 : Souvenir (Memory)
* 1919 : Le Bateau blanc (The White Ship)
* 1919 : Le Témoignage de Randolph Carter (The Statement of Randolph Carter)
* 1919 : La Transition de Juan Romero (The Transition of Juan Romero)
* 1920 : L'Arbre (The Tree)
* 1920 : La Rue (The Street)
* 1920 : Le Temple (The Temple)
* 1920 : Le Terrible Vieillard (The Terrible Old Man)
* 1920? : Life and Death (manuscrit perdu)
* 1920 : Les Chats d'Ulthar (The Cats of Ulthar)
* 1920 : Celephaïs
* 1920 : De l'au-delà (From Beyond)
* 1920 : Faits concernant feu Arthur Jermyn (Facts Concerning the Late Arthur Jermyn and His Family)
* 1920 : Nyarlathotep
* 1920 : L'Image dans la maison déserte (The Picture in The House)
* 1920 : La Poésie et les Dieux (Poetry & Gods)
* 1921 : Les Autres Dieux (The Other Gods)
* 1921 : La Quête d'Iranon (The Quest of Iranon)
* 1921 : La Musique d'Erich Zann (The Music of Erich Zann)
* 1921 : Ex Oblivione
* 1921 : La Cité sans nom (The Nameless City)
* 1921 : La Tourbière hantée (The Moon-Bog)
* 1921 : Je suis d'ailleurs (The Outsider)
* 1922 : Azathoth
* 1922 : La Peur qui rôde (The Lurking Fear)
* 1922 : Le Molosse (The hound)
* 1922(mars) : La musique d'Erich Zann (The music of EZ)
* 1922 : Ce qu'apporte la lune (What The Moon Brings)
* 1922 : Hypnos
* 1922 : Herbert West, réanimateur (Herbert West, Reanimator)
* 1923 : Le Festival (The Festival)
* 1923 : L'Indicible (The Unnamable)
* 1923 : Les Rats dans les murs (The Rats in The Walls)
* 1924 : La Maison maudite (The shunned House)
* 1924 : Prisonnier des Pharaons (Imprisoned with The Pharaons)
* 1925 : Lui (He)
* 1925 : Dans le caveau (In The Vault)
* 1925 : Horreur à Red Hook (The horror at Red Hook)
* 1926 : Le Descendant (The Descendant)
* 1926 : L'Étrange Maison haute dans la brume (The Strange High House in The Mist)
* 1926 : La Clef d'argent (The silver key)
* 1926 : Je suis d'ailleurs (The Outsider)
* 1926 : L'appel de Cthulhu (The Call of Cthulhu)
* 1926 : Air froid (Cool Air)
* 1926 : Le Modèle de Pickman (Pickman’s Model)
* 1927 : L'Affaire Charles Dexter Ward (The Case of Charles Dexter Ward)
* 1927 : Le Peuple ancien (The Very Old Folk)
* 1927 : La Couleur tombée du ciel (The colour out of Space)
* 1927 : Histoire du Necronomicon (History and Chronology of The Necronomicon)
* 1927 : La Quête onirique de Kadath l'inconnue (The Dream-Quest of Unknown Kadath)
* 1928 : L'Abomination de Dunwich (The Dunwich horror)
* 1928 : Ibid
* 1930 : Celui qui chuchotait dans les ténèbres (The whisperer in darkness)
* 1931 : Les Montagnes hallucinées (At the mountains of madness)
* 1931 : Le Cauchemar d'Innsmouth (The shadow over Innsmouth)
* 1932 : La Maison de la sorcière (The dreams in the witch house)
* 1933 : Le Clergyman maudit (The Evil Clergyman)
* 1933 : Le Monstre sur le seuil (The Thing on The Doorstep)
* 1934 : Le Livre (The Book)
* 1934 : La Chose dans la clarté lunaire (The Thing in The Moonlight)
* 1934 : À travers les portes de la clé d'argent (Through the gates of the silver key)
* 1935 : Celui qui hantait les ténèbres (The Haunter of The Dark)
* 1935 : Dans l'abîme du temps (The Shadow out of Time)
* 1935 : Dans les murs d'Eryx (In the Walls of Eryx)
* 1936 : Night Ocean

L'épouvante :

Le roman d'horreur étant considéré comme un sous-genre du roman fantastique ou les deux genres étant assimilés suivant les pays, beaucoup d'auteurs et de romans importants pour ce dernier genre le sont aussi pour le roman d'horreur, à commencer par Edgar Allan Poe. Ceci dit, le roman d'horreur a une histoire qui lui est propre, brièvement résumée ici.

On peut considérer que certains contes « pour enfant » (Hansel et Gretel par exemple) sont les premiers récits d'horreur. Il ne faut pas oublier que les premières versions des contes (dont la tradition orale nous donne une idée) ont été fortement édulcorées (au XVIIe et XVIIIe siècle) par ceux qui ont fait la célébrité du genre, comme Charles Perrault ou les frères Grimm, afin précisèment d'être adaptés au public enfantin (qui n'était pas forcément le public visé à l'origine).

Au XIXe siècle, Horace Walpole lance le roman gothique dont les thèmes de prédilection (le décor : château isolé dans un paysage hostile, ruines, souterrains ; les personnages : jeunes filles en détresse, apparitions) vont longtemps perdurer dans le genre. Si certains romans gothiques fournissent une explication rationnelle des événements à la fin, d'autres sont ostensiblement fantastiques. C'est à cette veine que se rattachent deux romans qui vont être particulièrement importants pour le genre, notamment grâce à leurs adaptations cinématographiques :

* En 1897, Bram Stoker publie Dracula, un roman épistolaire mettant en scène un vampire.
* En 1818, Mary Shelley publie Frankenstein, un roman qui met un scène un scientifique qui crée une créature à partir de cadavres.

Ces deux romans peuvent être considérés comme le point de départ de toute la littérature d'épouvante. Remarquons cependant que le roman gothique, ainsi que les « ghost stories » anglaises qui en découlent, illustrées notamment par Henry James (Le Tour d'écrou), sont les seules productions du genre à être considérés par les critiques et historiens de la littérature - pour qui la littérature dite « populaire » ne mérite pas d'être prise en considération, même quand sa qualité atteint ou dépasse celle de certaines œuvres de la littérature dite « générale ».

Au début du XXe siècle, le genre connaît une évolution remarquable sous l'impulsion de Maurice Level en France, et surtout d'H. P. Lovecraft, qui parvient à imposer une nouvelle mythologie, centrée autour d'un dieu monstrueux nommé Cthulhu (et perpétuée par des écrivains comme August Derleth, Clark Ashton Smith, Robert Bloch, Brian Lumley). Sa volonté d'apporter une dimension cosmique à l'horreur (en donnant souvent une origine extra-terrestre à ses monstres) place son œuvre à la lisière de la science-fiction.

Dans les années 1950, des écrivains comme Richard Matheson ou Shirley Jackson (à l'origine du renouveau du roman gothique sous la forme du néo-gothique) vont initier le roman d'horreur moderne, en initiant une approche plus psychologique du genre et en faisant volontiers des emprunts à d'autres genres (comme le roman policier ou la science-fiction).

Au début des années 1970, divers ouvrages (tous adaptés au cinéma) vont relancer l'intérêt pour le genre : Rosemary's baby d'Ira Levin, L'Exorciste de William Peter Blatty, L'Autre de Thomas Tryon, Entretien avec un vampire d'Anne Rice. C'est en 1974 que James Herbert sort Les Rats, le premier épisode d'une trilogie sur des rats mutants. En 1974 arrive aussi (avec Carrie) l'un des plus célèbres écrivains d'épouvante : Stephen King, avec notamment des romans comme The Shining ou Le Fléau, qui font aujourd'hui partie de la culture populaire moderne et même de la littérature tout court (beaucoup d'écrivains américains comme Bret Easton Ellis avouent leur admiration pour lui).

Au milieu des années 1980, le mouvement splatterpunk essaie de renverser les clichés du genre avec une bonne dose de nihilisme punk, sous l'impulsion notamment de Clive Barker. Depuis 1988, l'association des écrivains d'horreur (Horror Writers Association) remet annuellement les prix Bram Stoker pour récompenser les meilleurs romans et nouvelles d'horreur de l'année précédente[1].

Les années 1990 et 2000 ont vu l'émergence de nouveaux auteurs tels que Laurell K. Hamilton ou Christopher Golden qui abordent notamment le thème des vampires sous un angle nouveau.

Liste d'auteurs de romans et nouvelles d'Horreur :

* Clive Barker
* William Peter Blatty
* Robert Bloch
* Poppy Z. Brite
* Ramsey Campbell
* Jason Dark
* August Derleth
* Christopher Golden
* Laurell K. Hamilton
* James Herbert
* Shirley Jackson
* Stephen King
* Dean Koontz
* Ira Levin
* H. P. Lovecraft
* Brian Lumley
* Richard Marsh
* Graham Masterton
* Richard Matheson
* Robert R. McCammon
* Anne Rice
* Dan Simmons
* Clark Ashton Smith
* Bram Stoker
* Peter Straub

Au Québec

* Patrick Senécal
* Stanley Péan
* Jonathan Reynolds
* Claude Bolduc
* Mathieu Fortin
* Karole McDowell

En France

* Patrick Graham
* Franck Thilliez
* Maxime Chattam
* Daph Nobody

Voila : merci de me dire si cette recherche est bonne .



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Max
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MessageSujet: Re: Le fantastique/horreur    Mer 22 Fév 2012 - 13:51

Si tu pouvais arrêter de copier/coller tous les articles de Wikipedia sur ce forum, merci.

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MessageSujet: Re: Le fantastique/horreur    Mer 22 Fév 2012 - 13:59

Lol

En fait : je fait ça pour aider à la documentation mais sais pas ou mettre .
Enfin si ça sert a rien ...
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TiCi
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MessageSujet: Re: Le fantastique/horreur    Mer 22 Fév 2012 - 14:23

Josselin Macke a écrit:
Enfin si ça sert a rien ...
Non, je confirme. Et en plus ça gêne.
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MessageSujet: Re: Le fantastique/horreur    Mer 22 Fév 2012 - 16:35

Merci d'éviter de poster n'importe quoi.
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MessageSujet: Re: Le fantastique/horreur    Jeu 23 Fév 2012 - 13:19

Et Josselin, une petite présentation dans la partie adéquate du forum serait bienvenue.

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Le fantastique/horreur
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