LE MANOIR DU FANTASTIQUE

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 L'ancien monde

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théophil
Sangsue mort-vivante
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MessageSujet: L'ancien monde   Jeu 10 Mai 2012 - 19:54

Bonjour à tous,

Voici un moment que je n'avais pas posté (à cause du taf notamment...).
J'ai pris le temps de reprendre une de mes anciennes histoires, reprendre
dans le sens où j'ai essayé de changer de style en choisissant une écriture un peu
plus rythmé (Céline étant évidemment le modèle, un peu lointain certes, mais bon).
La nouvelle est un voyage initiatique dans le genre fantastique (à notre époque).
Voici quelques extraits :

Début - sur les récentes élections


A bien y réfléchir, ce fut le commencement. Oh, mes lectures, mon tempérament lyrique et les circonstances m’y préparèrent amplement, mais enfin, le déclic s’y fit. La grandeur ! Oui, la grandeur, j’étais à sa recherche. Je la cherchais dans les livres, sur internet, dans le monde, mais seuls ces mornes oripeaux m’apparaissaient. Ah, si j’avais lu Tocqueville, j’aurai compris ! Infâme, ignoble, raté, rien compris, dehors, tout est fini. Tout de même, je me doutais un peu, une défiance sourde, une semi naïveté.

Forcément, une telle idiotie, je me souviens parfaitement ! Avril 2012, je m’inscris, j’y crois, la foule m’entraine, plus de retour, le meeting présidentiel va commencer ! Oui, voilà, je sais, à pouffer pour l’éternité, vous pensez, la grandeur en politique, enfin, la faute à mes lectures et à ma sensibilité ! Tout de même, à bien y réfléchir, une riche expérience ! Je viens de rentrer dans la salle. Je veux être au plus prêt, assister, voir l’homme ! Je m’avance, me faufile, évite, m’excuse, raisonne et continue le chemin. Ca y est, la scène est là, colorée, éblouissante, d’un assez mauvais gout pour tout dire. Sur le fond, une bannière gigantesque, un message profond : « le changement » est déployé ! Personne, j’attends, je me remémore, j’essaie de me convaincre, de pas céder, partir, vite, l’envie est forte. « Ca va être terrible » qu’on m’a dit, « le plus grand orateur », « notre sauveur » ! Pourquoi pas, je veux bien essayer, je ne suis pas sectaire, pas difficile, et puis, la beauté a ses exigences, ses mignonettes argumentaient plutôt bien à vrai dire, de vraies fées, il doit être bien extraordinaire pour toutes les étourdir, un véritable enchanteur. Enfin, c’est trop tard, la clameur monte.

Ah, jamais la vie ne me dérouta autant, je dois le dire, à rien comprendre, à vous perdre un homme, un vrai renversement, une révolution ! Il s’avance, le pas forcé, l’air bedonnant, de l’enthousiasme je dois dire, mais le charme mirifique ? L’aura divino-christique ? Rien ! Il se ballade, lève les bras, salue, tout le monde s’enchante. Mais alors, tout est de ma faute, un manque de volonté, une défaillance, des préjugés, moi, si sensible ! Ils ont vu son charme, tout le monde ! Il doit exister ! Je m’obstine, j’attends, j’épie, ça y est, il se case, il va parler.

Ah, tout est perdu, plus d’instinct, les valeurs en l’air ! Je vois que ça pour expliquer l’envoutement. Comment il aurait pu la charmer l’assistance sinon, et les petites fées ? Impossible ! Sa voix, une onde rocailleuse, un air forcé à se casser les cordes, il va s’arracher la gorge ! Et sa tête, pas possible pas attirant du tout, ses deux yeux bavants, ses joues croulantes, ces tifs huileux, et cet air de satisfaction ! Oh, là, je comprends bien, je suis sur qu’il doit bien se marrer dans son intérieur, la vraie foire, la valse infernale, un véritable appel à la décadence !

C’est décidé, faut que je parte, plus supportable. Je réfléchis, je prends mon téléphone, je me faufile, personne se cabre, l’excuse convint ! Alors là, tout s’éclaire, je les vois bien là, tout absorbé, passionné, je les observe, finement, un savant pervers, je scrute ! Ils sont tous là, réuni, tous les plus grands loqueteux, les pires ahuris, les hargneux sévères, les hystériques terribles, les dictateurs de l’imaginaire, un vrai carnaval ! A vous abattre définitivement, l’idéal au fin fond du Styx, sans pièce ! Plus rien à faire, partir, Nietzche avait raison, les hommes se taisent, la canaille est là…



Le milieu du récit - arrivée dans l'ancien monde

« Un village tout à fait perdu », je me souviens bien de ces paroles, je suis obligé de reconnaitre, absolument hors du monde, vous imaginez, forcé de marcher pour s’y rendre, de nos jours ! Oh, je ne peux pas me plaindre, une marche tout à fait charmante, en pleine féérie printanière, le soleil bien perché, presque blanc, un ciel tout à fait propre, sans doute rincées récemment, des prairies verdoyantes, toutes en fleur, irisées par les fines gouttelettes de l’aurore, je me sens presque accueilli, attendu, un visiteur exceptionnel, un prince, vite mon monture, meuhhhh !

Oui, des vaches partout, pas supportable, le charme sous terre ! Oh, pas que je méprise ce bétail, pas du tout, mais tout de même, cette manie infernale, cette curiosité sans borne, cette tendance mégère, ou que vous alliez, à vous suivre, à vous regarder, à vous épier, rassembler, tout en conciliabule, il vous en vient des idées, presque un peu de folie, vous vous demandez, leurs intentions, leurs buts, une mêlée, un renversement, une attaque foudroyante, un tribunal, vous devenez méfiant, presque hors la loi, à vous tout seul, vous êtes l’attraction du mois ! Et puis, il faut avouer, un peu déçu, rien n’arrive, elle retourne se goinfrer, l’animal très pacifique, forcément après des millénaires de sélection… Là-dessus, un paysan m’avait bien dit : « Ah si elle connaissait leur force garçon, je peux te dire qu’on s’en gaverait moins ! ». Je crois bien qu’il avait raison.

Après avoir traversé bien aux aguets, les dangereuses, les périlleuses prairies allemandes, j’aperçois la colline, tout à fait conforme, les descriptions mentaient pas, une vraie sphère, on se demande un peu, faut bien avouer, la raison, pas très naturelle, la tectonique des plaques au placard, pas physique pour un sous cette élévation, isolée dans le paysage, comme ça, on voudrait presque creuser, la retourner pour voir, enfin, une fois montée en haut, on oubli un peu, elle est bien pratique, tout à fait commode, le promontoire adéquat, le paysage apparait.

Un promontoire, enfin, seulement vers le Nord. Vers le Sud, c’est la prairie, les vaches, les arbres fruitiers, quelques petits ruisseaux qui serpentent, tous jeunes, à fixer leurs existences, le petit chemin de terre, tout en lacet, à travers les vergers, un charme champêtre, à devenir un peu romantique. Mais vers le Nord alors, une véritable mer, une forêt gigantesque, sans fin, des arbres bien haut, raide au possible, sans ouverture, une muraille verte, très rebutante, à comprendre César, même lui, l’envahisseur très hardi, pas du tout effrayé par toutes les races Celtes, tout à fait organisé, conquérant au possible, il s’est vite débiné, pas trop aventuré, à reculons, vite, au Rhin, en arrière toute ! Faut le comprendre aussi, il parait que pour amadouer les peuplades il se forçait à abattre les arbres, vous imaginez un peu le boulot ici, des arbres comme ça, le chêne Français fait un peu brindille à côté, forcément, il s’est trissé dare dare ! Et puis cette profondeur, ce silence, cette hauteur, à vous retourner les plus aventureux, l’imagination en feu, plus contrôlable, tout s’explique, les contes allemands prennent du sens, les frères Grimm avaient plus qu’à bien écrire, juste à aller discuter avec les gens, ils les avaient leurs histoires !

Alors forcément, avec toutes ces évocations, je me pose des questions, je m’interroge, je m’inquiète un peu, pourquoi ce choix, une décision bien étrange, quelque peu éloigné de ma nature, ils seraient si différent de ce côté du Rhin, tout à fait renfrogné, bien caché, pas sensible à l’ouverture, au partage, très réservé et hostile ? Ou alors, mais oui, j’imagine parfaitement, la fuite intégrale, la débandade terrible, une véritable déroute, une désertion totale, les hommes d’abord, les femmes et les enfants après, les vieillards sous terre ! Ah, je dois dire, je suis convaincu, pas d’autres explications, de la cohérence avec l’histoire en plus !

Mon petit village, je le vois encore maintenant, enclavé, à l’abri, presque à l’ombre, entre la colline et les séquoias. Tout de suite, une petite inquiétude monte, une appréhension naturelle, à rester comme ça, isolé, on s’imagine, ils ont pu tourner monstre, dément, rustre au possible, presque bête, je ne suis pas pour les mélanges mais tout de même, l’histoire le montre, faut sortir un minimum, se montrer ! Enfin, je m’égare, j’exagère, je m’emporte, il parait tout de même assez pittoresque ce village, presque charmant au loin, avec sa large artère pavé, ces petites ruelles de terre, ces maisons de pierre et de bois, son église un peu croulante, et ces quelques paysans qui déambulent. Ah de nos jours, on essaye, on tente, on recommence, en vain, impossible, l’ordre, l’harmonie, ne s’invente pas, n’apparaissent pas par magie, rien qu’à voir la banlieue parisienne, tout raté depuis un siècle, tout à refaire, il faut des siècles, une durée énorme pour qu’une unité apparaisse, allez voir les pourtours de Paris, tout en construction, en permanence !

Je m’approche doucement, salue quelques personnes, intriguées forcément, elles ont l’air normales, j’aperçois la mairie au loin, je me rappelle, une histoire étrange, je la relis avant de m’y rendre.



Voilà quelques extraits, n'hésitez pas à me faire vos remarques.
(j'ai pas encore fini mes relectures, donc pour les fautes... il y a aussi la ponctuation qu'il ft que je modifie à certains endroits)
Merci.



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Didier Fédou
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MessageSujet: Re: L'ancien monde   Ven 11 Mai 2012 - 2:52

Sur l"histoire en elle-même, je ne peux donner aucun avis (subjectif de toute façon) sur des extraits. Sinon, le style est maitrisé. Je ne sais pas si ça "sonne" vraiment Céline (jamais lu) mais d'un bout à l'autre, c'est cohérent, rythmé, rapide, et concis. J'aime beaucoup.
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théophil
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MessageSujet: Re: L'ancien monde   Sam 12 Mai 2012 - 10:54

Merci Didier.
Je ne cherche pas à sonner Céline, mais plus à être dans le ton, ce serait
déjà ça !
Pour l'histoire, elle est en cours de relecture.
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MessageSujet: Re: L'ancien monde   

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